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Séries Mania saison 6 : conférence sur Trepalium

Antares Bassis et Sophie HietLe jeudi 23 avril 2015, le 6ème Festival Séries Mania proposait aux accrédités professionnels et presse d'assister à une conférence sur la nouveauté d'Arte, Trepalium qui provient du forum de coproduction et qui a débuté sur Arte ce jeudi. L'équipe artistique de la série, composée des scénaristes Sophie Hiet et Antarès Bassis, du réalisateur Vincent Lannoo, de la productrice Katia Raïs, du chef opérateur David Cailley, de la chargée des programmes fiction d'Arte France Adrienne Frejacques et de l'ancienne directrice de la fiction d'Arte France Judith Louis, était présente pour nous présenter la série, à travers une bande annonce et quelques photos du tournage (que vous pouvez d'ailleurs voir ici) et répondre à nos questions.

 

Serieviewer nous ayant permis d'être accrédités au Festival, nous avons donc eu l'honneur d'assister à cette présentation et nous allons donc vous présenter en quelques mots la série avant de vous retranscrire une partie des propos tenus à cette conférence. Pour avoir plus d'informations sur ce qui a pu être dit à cette rencontre, n'hésitez pas à regarder notre Livetweet de l'événement en bas de l'article. Pour ceux qui n'auraient pas eu la chance de découvrir la série sur Arte jeudi soir, vous pouvez toujours voir les 3 premiers épisodes en replay ou même déjà acheter le coffret DVD.

 

La série

La série française Trepalium est donc un drame d'anticipation de 6 épisodes de 52 minutes basée sur une idée originale d'Antarès Bassis et Sophie Hiet. Ces derniers écrivent la série aux côtés de Thomas Cailley et Sébastien Mounier tandis que Vincent Lannoo réalise. Dans la distribution, on retrouve Pierre Deladonchamps (Ruben), Léonie Simaga (Izia), Ronit Elkabetz (Nadia), Aurélien Recoing (Sol), Charles Berling (Bartholomé) et Lubna Azabal (Lisbeth). Enfin, la série est produite par Katia Raïs pour Kelija et Lagardère Entertainment.

 Trepalium

 

Synopsis : C'est la fin du 21ème siècle et la société est en déclin. La situation économique est un cauchemar : seulement 20% de la population est activement employée tandis que tout le reste est sans emploi. Les Actifs vivent retirés à l'intérieur des limites de la ville. En périphérie, dans la Zone, vivent les Chômeurs. Deux territoires s'opposant dans une société déshumanisée. Pour les séparer, il y a un mur fortifié. D'un côté, les Chômeurs, affamés, assoiffés, vivent dans un état de total abandon. De l'autre, les Actifs sont pour toujours terrorisés par l'idée de perdre leurs emplois. Chaque camp exprime une facette de la même souffrance : le travail ou l'absence de travail. Quand des Chômeurs militants enlèvent le Ministre du travail, le gouvernement et le Premier Ministre doivent lancer une mesure sociale d'urgence en échange de sa libération : la Loi sur la Solidarité de l'Emploi promet que 10 000 Chômeurs seront embauchés par les Actifs. Le mur séparant la Ville et la Zone est soudain brisé. Après des décennies de ségrégation, les Chômeurs et les Actifs vont à nouveau se côtoyer. Seront-ils capables de gérer cette proximité imposée ? La rencontre entre les deux mondes est violent. Les Actifs ont une image terrifiante des Chômeurs, créée par l'ignorance et la peur de devenir l'un d'entre eux. Les Chômeurs sont prêts à tout endurer pour une vie légèrement meilleure mais une humiliation de trop pourrait favoriser le mécontentement et transformer leur honte en haine. De façon inattendue, au milieu de de la violence et de la confrontation, une relation va naître entre Izia, une Chômeuse et Ruben, un Actif. Ces deux êtres humains, ayant une méfiance réciproque, vont de façon surprenante joindre leurs forces dans une alliance les menant dans une aventure qui forgera un lien éternel entre eux.

 

Dans la Zone : les Chômeurs n'ont jamais travaillé. Leur existence journalière est conditionnée à satisfaire leurs besoins basiques. Un groupe de militants vivant dans la Zone demande la destruction du mur fortifié et un partage égal du travail.

 

Dans la Ville : les Actifs sont employés par une poignée de multinationales. Ils doivent être productifs car tout signe de faiblesse est taboo. L'individualisme est roi. Les relations sont totalement déshumanisées. La plus puissante de ces multinationales est Aquaville qui appartient à un grand groupe mondial et emploie le plus de monde dans la Ville. Elle gère le marché du traitement de l'eau et d'assainissement. Le gouvernement est composé de ministres qui se comportent comme des rois en usant et abusant de leur pouvoir absolu.

La conférence

Voilà une rapide retranscription d'une partie de la séance de questions-réponses avec l'équipe artistiques et la modératrice Marjolaine Jarry de L'Obs.

 

Question : Pourriez-vous nous parler de votre toute première vision de ce monde ?

Sophie Hiet : En fait, cela remonte à plusieurs années puisqu'au départ, avec Antarès, on a fait un court-métrage qui reprenait juste la thématique du chômage avec un chômeur qu'on impose comme ça à un métier, pour résumer rapidement. L'envie au départ est d'aborder la problématique du travail qui nous tient beaucoup à cœur et notamment d'étudier la place qu'a le travail dans notre société : comment elle définit l'individu jusqu'au plus profond de son identité parfois ? Comment elle définit les relations entre individus ? On avait gardé l'envie de développer ça sur une durée beaucoup plus longue. Le temps est passé, la crise est arrivée en 2009 et on entendait à la radio des choses qui se rapprochaient finalement de plus en plus du postulat d’anticipation qu'on avait imaginé au départ. Et finalement, on en était même arrivés presque à constater que dans notre société le travail devenait de plus en plus synonyme de souffrance, que ce soit pour ceux qui en ont un comme pour ceux qui n'en ont pas évidemment. Donc c'est un peu le concept sur lequel on est partis : la notion de souffrance mise à égalité avec la notion de travail. Fin 2011, on rencontre Katia Raïs, la productrice, on lui parle de cette envie, elle voit le court-métrage et on s'est accordé pour développer sur une idée de série. Et à ce moment là, on a complètement radicalisé la situation. On s'est dit "aujourd'hui, en France, y a à peu près 10% de chômeurs donc faut pousser les curseurs à fond" donc on a imaginé 80% de chômeurs, 20% d'actifs et un mur. Et après, l'envie c'était de vraiment jouer le jeu de l'anticipation, le plaisir du genre qui était important pour nous.

Antarès Bassis : Nous sommes des grands fans du genre de l'anticipation. Ce qui nous plaisait dans ce genre c'était de pouvoir parler de la société actuelle en l'extrapolant et en essayant de jouer de ça pour le public, qu'il y ait quelque chose de ludique et fantastique. Et cela nous semblait très bien parce qu'on aime ça. Et de plus, dans le genre de l'anticipation, ce qui est intéressant aussi c'est d'y amener d'autres genres comme le thriller politique, le romanesque, le mélodrame... Et du coup, c’était quelque chose qu'on avait très envie de développer sur un univers télévisuel avec des personnages forts, des trajectoires et la possibilité aussi, dans le contexte de la série, de pouvoir l'aborder avec plein de personnages de différents niveaux sociaux. Que ce soit d'un côté du mur avec les inactifs ou du côté des travailleurs, mais aussi du côté des politiques, du côté des enfants, du côté des adultes... en racontant quand même ce qui nous intéressait avant tout, soit la rencontre de deux personnes que tout oppose et qu'il y ait donc un vrai élan romanesque comme on aime le voir dans un univers sériel.

 

Q : A propos d'univers sériel, on voit beaucoup de séries centrées sur un travail en particulier et vous allez encore plus loin en centrant votre série sur un monde entièrement façonné autour du travail, à savoir en avoir ou pas.

A. B. : Oui et à partir du moment où on se dirigeait vers l'anticipation, il fallait qu'on tente de radicaliser au maximum et qu'on pousse les curseurs à fond. Notre but était vraiment de se concentrer autour de cette question : "est-ce que le travail nous identifie ou est-ce que c'est justement un trepalium ?" D'origine latine, le travail vient de trepalium et cela vient d'un instrument de torture. Donc du coup, doit-on se définir par le travail quand on en a et dans la pression ou parce qu'on n'en a pas, être dans un vide social ? C'est cela qui nous intéressait.

S. H. : Je peux ajouter que le parti pris était clairement de se situer dans une dystopie, c'est-à-dire dans une vision très sombre de l'avenir où justement tout est conditionné par le fait d'avoir un travail ou pas puisque les gens vivent d'un côté ou de l'autre du mur en fonction de ça. Mais après, comme l'a expliqué Antarès, il y avait vraiment un vrai goût de la série, du plaisir de la narration d'aller dans le romanesque et on a une rencontre de deux personnages, en l’occurrence d'une chômeuse et d'un actif, et il y a une histoire qui se noue entre eux. On avait aussi le désir d'être dans une quête d'espoir et de lumière. C'est vraiment tout ce qui leur reste l'espoir et c'était vraiment l'idée centrale de révéler l'humanité des personnages dans ce contexte pas facile.

 

Q : On pense à la citation d'Asimov "l'évasion dans la réalité", est-ce que c'est cela aussi pour vous l'anticipation ?

S. H. : Oui, c'est vraiment ça l'idée. En tous cas l'ambition est de parler du monde d'aujourd'hui à travers le genre tout en justement profitant d'une possibilité de narration assez jubilatoire parce qu'il y a plein de choses de permises. Mais il faut que ça ait du sens bien évidemment car on n'est pas du tout dans de la science-fiction avec des moyens délirants ou des effets spéciaux. Ce n'est pas ça qui nous intéressait. Les références qu'on partageait tous c'était Les fils de l'homme et Bienvenue à Gattaca par exemple. C'est assez sobre dans l'univers. C'était aussi des contraintes de production dont on parlera après. Mais c'était ça notre démarche, que ça ait du sens et d'emmener le téléspectateur dans une aventure qu'on espère prenante et si en même temps, il peut s'interroger sur son rapport au travail, c'est du bonus.

A. B. : Et il y avait autre chose de jubilatoire aussi c'est qu'on avait le sentiment qu'on avait pas trop vu ce genre à la télévision. Et en même temps, on voyait que c'était dans les thématiques d'Arte de se questionner sur le monde du travail de la société future et pour nous, ce qui était passionnant, c'était de tout inventer et d'imaginer ce que l'on voulait nous du monde futur tout en étant en écho avec la société d'aujourd'hui, en le décalant, en mettant de la poésie, de l'absurde, des choses plus noires. Mais du coup, c'était assez jubilatoire pour nous qui créons cette histoire.

 

Q : Et au moment de l'écriture justement, au moment de concevoir ce monde, comment on lui donne toute sa cohérence ? J'imagine qu'il y a des règles, des limites puisque le principe de la dystopie c'est d'être à côté tout en étant cohérent dans son univers. Donc par quelles étapes êtes-vous passés ?

S. H. : Au départ, on était davantage sur notre duo de personnages principaux donc on avait déjà réfléchi à leur trajectoire. Et au fur et à mesure de l'écriture, on a eu envie d'ajouter différents personnages. Donc, peu à peu, des cercles de personnages se sont dressés. Par exemple, c'est Arte qui nous a demandé d'aborder le point de vue des politiques de la Ville, ce qu'on avait pas forcément envisagé au départ, de montrer comment les ministres essaient de gérer cette situation et c'est vrai que c'est une problématique assez passionnante de gérer une telle masse de chômeurs. Donc cela se fait sur la longueur. Au départ, on a l'impression d'être face à une masse et petit à petit, jour après jour, on débroussaille et les réunions avec Arte nous ont permis de toujours revenir à la pertinence du choix narratif et cela se fait petit à petit.

 

Q : Il y a quelques motifs très frappants avec le mur et l'eau aussi dont on a peu parlé. Pouvez-vous nous parler de ces thèmes ?

A. B. : On s'est posé des questions simples. On entre dans une société qui n'arrive plus à gérer le chômage, la pauvreté et qui reproduit des choses impensables datant de la Seconde Guerre Mondiale même dans des sociétés très civilisées. Donc cette idée de mur n'était pas une volonté de revenir sur une situation d'il y a 50 ans mais de jouer avec des situations qui existent aujourd'hui, que ce soit en Israël ou aux États-Unis ou le bidonville qui est en train d'être créé à Calais avec l'autorisation du gouvernement. Donc on voulait insérer ces choses-là dans une histoire non pas d'une manière très politisée, didactique mais justement en jouant de ces thématiques et en créant des trajectoires humaines avec des personnages qui se posent les questions : "qu'est-ce que je ferais pour changer ça ? Et est-ce que j'en ai les moyens ? Jusqu'où cette société va aller dans son absurdité ?" Sur la thématique de l'eau, on se disait "si on n'a plus rien, que peut-on encore nous enlever ?" et ba justement c'est l'idée où aujourd'hui, on marchande l'eau dans les pays d'Afrique et dans d'autres. Donc on trouvait que c'était une thématique qui était un peu au cœur pour parler de la marchandisation des biens naturels et de cette société qui avait tout détruit mais toujours avec cette idée de ne pas aller dans le manichéisme ou le didactisme. L'idée est de toujours raconter comment tout le monde essaie de se démener, que ce soit les politiques, les activistes ou des gens ordinaires dans cette société.

S. H. : Par rapport au mur, cette idée est géniale puisqu'elle crée bien deux univers totalement opposés. C'est la base de l'histoire. On crée un mur, on crée une ouverture dans ce mur et il y a une confrontation des deux mondes. En terme de dramaturgie, c'est très simple, c'est concret et cela provoque tout de suite une possibilité de ligne narrative assez importante et excitante.

 

Q : Vous disiez toute à l'heure que le monde du travail est une thématique qu'Arte traite beaucoup dans ses documentaires et là on pense aussi au "vivre ensemble" et en même temps, là du côté des séries, on arrive dans un genre nouveau. Une série qui s'empare d'un genre nouveau, ça devait correspondre à vos envies du moment chez Arte ?

Judith Louis : Il y avait vraiment une envie de travailler sur le genre et de s'appuyer sur du polar, du mélo, de la comédie ou justement du fantastique et de l'anticipation pour raconter le monde d'aujourd'hui. Et à partir de ce moment là, il y a eu une étape assez essentielle, avant Trepalium et qui l'a permis aussi, c'est Real Humans. C'est à dire qu'en découvrant cette série suédoise avec les répercussions que ça a pu avoir sur le public et sur tout le monde, cela a vraiment ouvert et libéré la possibilité de se dire : "on peut, avec les moyens qui sont ceux des européens, raconter une histoire très quotidienne en créant un monde d'anticipation au sein duquel y a des curseurs qui bougent, qui sont montés ou descendus par rapport à la société d'aujourd'hui". En revenant sur toutes les thématiques que citaient Sophie et Antarès, on peut vraiment faire des parallèles. C'est à dire en effet l'eau, le travail, le vivre ensemble, le poids des politiques par rapport à la gouvernance économique et à la finance et la symbolique du mur. Cela permettait de se poser là-dessus avec toujours cette obsession du romanesque. Car si on vous raconte ça comme ça, on peut penser que c'est une œuvre militante et après chacun y voit ses lectures. C'est une grande histoire et il y a un immense souffle romanesque et on aussi beaucoup veillé à ça.

Adrienne Frejacques : On a beaucoup travaillé avec Judith à effectivement préciser l'arène dans laquelle les personnages devaient évoluer. Ce rapport subtil à l'écriture que quelqu'un d'une antenne doit pouvoir porter c'est de poser les bonnes questions et de ne jamais se substituer. Je pense qu'à titre personnel, en recevant le projet, j'ai été impressionnée par son souffle et j'y ai vu peut-être moins une critique de la douleur au travail, sûrement parce que je suis très heureuse de mon travail mais surtout une occasion de voir déployer un phénomène d'entropie dans un système donné et surtout de regarder comment chaque personnage pouvait être dans ce déterminisme ennemi et pouvait surtout se voir baigner dans son idéologie. Et je trouve que c'est cette absence de manichéisme, qui sans spoiler nous mènera à la fin de l'exercice, qui est vraiment la force de l'histoire. Il y a un des personnages dans l'épisode 6 qui a cette phrase forte qui dit "quelle est cette folle volonté de vouloir que le monde soit autre chose que ce qu'il est ?" et pour moi ça résume une partie de l'exercice, un phénomène d'écroulement d'un système déterminé et la manière dont chacun est façonné par l'idéologie qui l'a nourri y compris dans ses choix les plus intimes.

Photos et Vidéo

Et pour en finir avec cette rencontre, découvrez ci-dessous un extrait vidéo de l'équipe de Trepalium répondant aux questions de la modératrice et des journalistes et nous expliquant certains détails créatifs à l'aide de photos. Profitez aussi de notre petite galerie photo de la rencontre.

 

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