Doctor Who - saison 10

Rubrique consacrée à la série Doctor Who 2005

Doctor Who - saison 10

Message non lupar Tyr » 19 Avr 2017, 18:39

Ce topic est fait pour parler des épisodes de la saison "numéro de saison" de Doctor Who 2005.

Merci de bien indiquer au début de votre post de quel épisode vous parlez de façon à ne pas spoiler les personnes qui auraient du retard sur vous.
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Tyr
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Re: Doctor Who - saison 10

Message non lupar Tyr » 19 Avr 2017, 18:46

Bill: "If it had work to do, why would it lie around in a puddle?"
The Doctor: "I don't know, maybe it's a student.


10x01 The Pilot

Et voilà, le Docteur est de retour et a eu le bon goût de faire atterrir son TARDIS à une heure décente et durant le week end de Pâques, ce qui me laisse le temps de fignoler mon pavé sans que mes copies n'en souffrent (on voit bien que c'est un prof cette saison, il pense aux collègues^^).

Que penser de cet épisode? Je l'ai bien apprécié dans l'ensemble mais je ne peux hélas pas en dire que du bien ; je pense en revanche qu'il emmène la saison dans la bonne direction et c'est après tout l'essentiel. Puisque The Pilot a la double tache d'être un épisode introductif et un "monster of the week" à part entière, je consacrerai mes deux premières parties à ce double aspect avant de me pencher sur le fil rouge et les spéculations (cette année, je vise le 10% de réussite : on y croit!).

I. Un épisode hybride

Je vais commencer par ce qui m'a le plus gêné dans l'épisode. Ceux qui ont l'habitude de me lire savent que j'ai à peu près la capacité d'attention et de concentration d'un élève de 6eme en dernière heure de cours un vendredi après-midi et que chaque ralentissement du rythme m'est très difficile à supporter. Autant dire que j'ai pas mal souffert durant les vingt premières minutes de l'épisode. Je comprends parfaitement le choix de Moffat de sacrifier le rythme à la caractérisation de la nouvelle compagne mais il n'empêche que j'ai regardé ma montre plusieurs fois pendant cette longue introduction et il est fort possible que j'aie poussé un cri de joie à la 18eme minute lorsque le Docteur file de son bureau et se rue vers la flaque alors que la musique épique de Twelve retentit enfin. Moffat, ça va pour cette fois mais ne me refais plus un coup pareil! :(

J'apprécie néanmoins le fait que le showrunner (que je soupçonne d'être en général autant drogué que moi aux rythmes effrenés) ait coupé une bonne partie de la scène où Bill découvre les daleks pour la première fois. Nous avions déjà eu l'occasion de découvrir ladite scène il y a quelques mois, à l'occasion du comic relief je crois, et je l'avais déjà trouvée un peu longuette : une redite ne m'aurait pas amusée.

En fait, et je pense ne pas être la seule à avoir eu cette impression, il m'a semblé regarder un épisode écrit en collaboration entre RTD et Moffat. La première partie de l'épisode m'a fait pas mal penser à Rose, le pilote de la version 2005 de la série (vu le titre de l'épisode, je pense d'ailleurs que c'est complètement voulu). Dans les deux cas, on suit l'action à travers le regard d'une future compagne d'une classe sociale peu favorisée qui rencontre le Docteur sur son lieu de travail. Dans les deux cas, la figure maternelle est un peu paumée et a une vie amoureuse très décevante et le père est inexistant. Dans les deux cas, l'alien de la semaine va prendre l'apparence de la personne aimée par la future compagne. Je suis sûre qu'il y a d'autres parallelles dans l'intrigue mais ce sont ceux qui m'ont sauté aux yeux.

Cette RTDisation n'est pas négative en soi, bien au contraire. Je pense que cela fera du bien à tout le monde d'avoir enfin une compagne normale qui n'est pas une impossible girl, une girl who waited ou tout autre périphrase ronflante. De plus, si mon problème sur le rythme fait que je préfère en général l'ère Moffat à celle de RTD, il est pour moi indéniable que ce dernier était bien meilleur pour créer des personnages attachants et creusés, justement parce qu'il prenait le temps de les mettre en contexte et de nous présenter leur famille et leur environnement. Il suffit de voir d'ailleurs la scène où Bill découvre les photos de sa mère, scène franchement plus typique de RTD que de Moffat : c'est beau, touchant, et ça fait plus en 2 minutes pour nous rendre Bill sympathique que tout le reste de l'épisode.

Bref, je ne peux que louer Moffat d'avoir décidé de tenter de faire ce travail de caractérisation pour sa nouvelle compagne et tant pis pour moi si j'ai dû un peu serrer les dents en début d'épisode. Il me reste bien assez de Moffatismes pour être satisfaite, comme l'objet du quotidien rendu monstrueux, le gimmick auditif, les clins d'oeil à la série classique (très belle référence au véritable pilote de la série avec la photo de Susan sur le bureau du Docteur) ou ceux à la saison précédente (mention spéciale au thème de Clara joué au moment où Bill dit au Docteur qu'il n'apprécierait pas d'être victime d'un mind wipe). Reprenons donc l'analyse de ce qui se passe dans l'épisode.

Après cette longue découverte de la vie de Bill légèrement parsemée de scènes où le Docteur se comporte comme un prof (bonjour le dépaysement...^^) , nous entrons enfin dans le vif du sujet avec l'apparition du monstre de la semaine. La fan de film d'horreur que je suis a bien sûr apprecié cet hommage pas du tout voilé aux fantômes japonais (une femme visiblement morte et ruisselant d'eau qui se déplace en glissant et ne peut apparemment communiquer que par imitation ou par un cri strident). Mention spéciale à la scène de la salle de bain de Bill, qui réunit quasiment tous les clichés du genre, et surtout à celle de la première confrontation entre Pilot-Heather et Bill sur le campus : tous les éléments sont ultra prévisibles mais le tout est flippant et le "you're dead" du monstre immédiatement suivi d'un jump scare a tout a fait fonctionné chez moi alors même que je me disais que c'était ce qui allait se passer.

Un seul bémol : je regardais l'épisode en direct et ne pouvais donc pas faire pause, ce qui m'a posé un léger problème technique. Moffat, la prochaine fois que tu décides de faire un épisode de 50 minutes diffusé un week end de fête à l'heure de la digestion, merci de ne PAS choisir comme gimmick auditif un putain de bruit d'eau qui ruisselle : disons que j'ai compati très fort avec Bill lorsque sa première réaction en voyant l'intérieur du TARDIS a été de demander où étaient les toilettes.

Bref, pour en revenir au monstre de la semaine, je m'estime satisfaite même si la résolution (malgré son aspect atroce il ne voulait en fait pas faire de mal) a été pas mal utilisée ces dernières saisons (dans Hide et Time Heist par exemple). Enfin bon, si on va par là, le coup du vaisseau spatial semi vivant qui tue des humains parce qu'il se cherche un pilote, c'est en gros le scénario de The Lodger, on ne va pas revenir sur chaque recyclage de Moffat. Je suis en revanche assez surprise de la réaction du Docteur face à cette créature : il répète plusieurs fois à Bill de ne pas lui faire confiance car "it's not human" et ne réalise pas ce que Bill a fini par comprendre, que Pilot-Heather ne veut pas l'emmener de force. Le Docteur nous a habitué a un peu plus d'empathie concernant les races aliens : est-ce parce qu'il est resté sur Terre trop longtemps?

Dernière chose concernant Pilot-Heather, nous avons droit à l'habituel moffatisme du danger de la semaine clairement comparé au Docteur : vous savez, comme la baleine géante de la saison 5 qui était "very old but very kind", le monstre du god complex "last of his race, an ancient creature drenched in the blood of the innocent ", le robot de la saison 8 qui a changé toutes les parties de son corps et ne peut donc pas être sûr d'être encore lui-même... Ici, le Docteur résume sobrement les capacités de Pilot-Heather par "it's fast, it time travels, it never gives up", ce qui me rappelle fortement quelqu'un.^^

Passons au dernier grand thème non introductif de l'épisode, la romance entre Bill et Heather. Je dois admettre qu'alors que j'ai le romantisme d'une brique et que les histoires d'amours me passionnent à peu près autant qu'une rediffusion de Plus Belle la vie, j'ai trouvé cet aspect très bien traité. Pas de sexe, pas de longues déclarations enflamées, pas même un baiser : juste le début d'une histoire qui aurait pu -ou pas- se concrétiser entre une jeune femme un peu paumée et une éternelle insatisfaite avec une étoile dans les yeux. Leur scène d'adieu en particulier est très belle et je trouve l'idée que ni le public ni Bill ne savent si les larmes dans les yeux de cette dernière viennent d'elle, de Heather ou sont de simple eclaboussures de Heather-pilot très poétique. Bref, j'ai trouvé Heather et Bill plus crédibles en 50 minutes que Danny et Clara en une saison mais il est possible que je sois influencée par le fait que cette histoire soit très probablement finie et qu'on ne me bassinera pas avec des aternoiements amoureux pendant toute une saison.

Enfin, pas d'épisode correct de Doctor Who sans humour et, si The Pilot est loin d'être le plus hilarant, cet aspect n'est pas négligé. J'ai bien sûr particulièrement apprecié les nombreuses blagues sur les étudiants, obligatoires maintenant que le Docteur assume son coté prof, et j'exige de voir dans les prochains épisodes le "macaroon dispenser" du TARDIS (on a bien fini par voir la piscine). Niveau comique visuel, le Docteur qui prend le temps alors qu'il est poursuivi par un danger inconnu d'enlever le panneau "out of order" de la porte du TARDIS a très bien fonctionné chez moi. Enfin, je dois tirer mon chapau à Moffat qui trouve le moyen de trouver encore, après tant d'années et de débats de fans, une incohérence peu relevée dans le canon de la série : le fait que l'acronyme TARDIS ne fonctionne qu'en anglais. Smile

On retrouve aussi le jeu sur le 4eme mur assez typique de la série ces dernières années comme lorsque Bill demande au Docteur "do you know any sci-fi?", lorsqu'elle fait référence à une série de science-fiction avec des aliens disponible sur Netflix ou lorsque le Docteur, agacé, fait carrément référence au script lorsqu'il dit à Nardole "I don't know everything, I don't have it all written down." La série aime aussi toujours autant se regarder le nombril et cela donne lieu à quelques blagues sympathiques comme lorsque le Docteur s'exclame "Never ever be late, I'm very particular about time" ou lorsqu'il répond à Bill, qui s'étonne du fait qu'il ne semble pas être sûr de ce à quoi il ressemble "Oh, you've no idea."

Je me dois néanmoins de finir sur un aspect que j'ai trouvé assez déplaisant, et c'est bien dommage puisqu'il s'agit non seulement d'une des premières tentatives d'humour de l'épisode mais d'une des premières prises de parole de Bill. Je sais bien que Moffat a parfois tendance à ne pas trop réaliser comment ses idées peuvent être interprétées par son public, en particulier féminin, mais j'ai tout de même du mal à justifier la blague sur le fait que Bill ait rendu grosse son béguin de début d'épisode.

Certes, je peux comprendre le fonctionnement de la blague: Bill cherche à séduire une jeune fille mais ne réalise que trop tard que la méthode qu'elle choisit rend sa cible non désirable... mais je trouve très moyen, dans une série familiale donc regardée en bonne partie par des enfants et des adolescents, de sous-entendre qu'à partir du moment où une fille est grosse tout son sex appeal disparaît immédiatement. Sachant déjà que de tous les personnages féminins récurrents de l'ère Moffat seule Osgood doit dépasser la taille 38, ce n'est vraiment pas très malin de véhiculer ce genre d'idée même si j'ose espérer qu'il s'agit d'une maladresse et que ce n'était pas du tout le but de Moffat. Quel dommage de faire cette bourde dans un épisode où il parvient par ailleurs à proposer une romance gay qui pour une fois n'est pas hyper-sexualisée!

Bref, fin du coup de gueule... et de ma première partie. Passons maintenant à l'aspect pilote de the Pilot.

II. Un épisode introductif

Comme le double sens du titre le laissait supposer et comme bien souvent lorsque nous avons droit à un changement de compagne, cet épisode cherche non seulement à nous présenter la nouvelle locataire du TARDIS mais à servir de point de départ possible pour de nouveaux spectateurs qui n'auraient ni le temps ni l'envie de se farcir les 900 épisodes précédents. Il faut dire que c'est l'occasion révée puisque le Docteur, sous couvert d'expliquer à sa nouvelle compagne ce qui se passe, peut ainsi récapituler pour les nouveaux arrivants la mythologie de la série.

Pour cet aspect, je trouve que the Pilot s'en sort intelligemment et permet de caser l'essentiel de ladite mythologie en peu de temps. Je pense qu'il s'agit du seul épisode introductif qui parvient à donner en 50 minutes, sous prétexte d'une course poursuite avec l'alien de la semaine, une démonstration de l'aspect spatial ET temporel du TARDIS (avec une visite express de planète pour l'occasion), une présentation des méchants iconiques de la série alors qu'ils n'avaient rien à voir avec l'intrigue, une mention à la time war et un coup d'oeil au tournevis sonic (à une collection d'entre eux d'ailleurs) ET au psychic paper. L'épisode prend même le temps d'éffleurer l'aspect très relatif de la temporalité avec le moment où Bill est témoin d'une bataille de la time war, très futuriste pour elle, mais qui pourtant se déroule dans le passé. Bien sûr, c'est incontournable, le tout fait un peu rushé mais c'est néanmoins un bon moyen de présenter les grandes lignes de la série à un nouveau public sans pour autant ennuyer profondément les fans.

Mais ce n'est bien sûr pas le seul rôle d'un épisode introductif: ce dernier a également le devoir de nous présenter la nouvelle compagne, le compagnon que la série a jusqu'à présent peu creusé et le nouveau Docteur, Twelve ne cessant d'évoluer à chaque saison.

Je vais commencer par Nardole puisque c'est celui sur lequel j'ai le moins à dire. Nous avons désormais la confirmation que le Docteur lui a donné un corps robotique (et qu'il a tendance à oublier d'utiliser régulièrement de l'huile pour les articulations^^), ce qui sera je suppose pratique en cas de confrontation avec des aliens hostiles. Je tente d'oublier le fait qu'il lui a apparemment laissé certains de ses organes internes, et pas les plus glamour, puisque Nardole conseille à Bill d'attendre quelques minutes avant d'entrer dans les toilettes qu'il vient d'utiliser. :snif2: On retrouve aussi l'aspect un peu bouffon déjà repéré précédemment, parfois franchement lourd d'ailleurs : le fait par exemple qu'il parte du mauvais coté lorsque le Docteur et lui se dirigent vers la cave où est caché le mystérieux coffre la nuit où Bill les suit est juste ridicule puisqu'il fait visiblement ce trajet depuis un bon bout de temps. De même, il semble être confirmé que le personnage a repris le rôle précédemment dévolu à Clara de "traducteur" entre le Docteur et le reste de l'humanité comme lorsqu'il tente d'expliquer à Bill comment fonctionne le TARDIS ou lorsqu'il remarque les larmes dans les yeux de Bill et explique à cette dernière que le Docteur n'est pas du genre à les voir.

Ces deux aspects de comic relief et de notice explicative sur patte étaient déjà visibles dans l'épisode de noël et c'est aussi un peu le cas du troisième : celui d'assistant/majordome/homme de main. En fait, Nardole semble là en bonne partie pour soulager le Docteur de toutes les taches non héroïques: parler aux simples mortels et leur ouvrir la porte, servir occasionnellement de paire de mains supplémentaire, faire diversion pendant un danger... Il est bien possible que ce soit un moyen de rendre par ricochet le rôle de la compagne plus intéressant puisqu'elle n'aura pas à assumer ces rôles. De même, puisqu'on s'achemine clairement vers une relation tuteur/étudiante entre le Docteur et sa compagne, Nardole pourra être celui qui remet le Docteur à sa place quand il va trop loin (il ne se gêne clairement pas pour lui dire ce qu'il pense). Si c'est bien là l'intérêt du personnage, cela peut être une bonne idée.


Il n'empêche que cela rend la relation entre Nardole et le Docteur assez étrange : je n'ai pas souvenir d'avoir vu un seul vrai moment de complicité entre eux et ce n'est pas la faute des deux acteurs, c'est je pense voulu. Certes, ils se parlent, échangent parfois des regards entendus et même se serrent la main lorsque Bill dit enfin "it's bigger in the inside" mais c'est presque toujours initié par Nardole et le Docteur ne semble jamais montrer de véritable affection envers lui. Il y a même des moments où il montre un certain mépris pour le personnage, comme lorsqu'il répond à Bill, qui demande si ils sont en sécurité, "Well, that's up to Nardole, so probably not." Pire encore, lorsqu' il demande à Nardole de servir de diversion, il ne lui laisse littéralement pas le choix et ce dernier obéit alors qu'il n'a visiblement aucune envie de la faire.

Cela me donne vraiment l'impression que Nardole n'est pas considéré comme un compagnon mais comme un outil par le Docteur, comme une sorte de Handles sur pattes, ce qui me fait me demander quel est réellement le degré de conscience du personnage. Est-il "humain" ou une simple machine qui parle? Il est bien sûr possible que j'extrapole (ça m'arrive parfois^^) et que le coté très désinvolte du Docteur à son égard vienne du fait qu'ils aient passé énormément de temps ensemble (on n'a pas de timeline exacte mais le Docteur est censé faire cours depuis une 50aine d'année et c'est sans compter le laps de temps entre The Husbands of River Song et The return of Doctor Mysterio).

Passons maintenant à Bill. Comme je le disais précédemment, je suis contente de retrouver une compagne "normale", tellement normale d'ailleurs qu'elle est la seule depuis Mickey à avoir un comportement logique en découvrant ce qu'est le TARDIS. J'ai beau être fan de sci-fi en général et de cette série en particulier, il n'empêche que si je découvrais un alien capable de voyager dans l'espace temps à bord d'un vaisseau défiant les dimensions, mon premier réflexe ne serait PAS l'émerveillement et l'excitation! Je veux bien admettre qu'Amy avait l'excuse d'avoir été une enfant la première fois et que Clara était un fragment de son moi futur et connaissait donc "intuitivement" le Docteur mais pour tous les autres, c'est juste complètement wtf.

Bill, qui est une scientifique dans l'âme (je suis jalouse de ses notes en physique, coachée par le Docteur ou pas) a d'abord le réflexe parfaitement sain de rationaliser ce qu'elle voit, pensant d'abord à une pièce à l'entrée en trompe-l'oeil (elle m'a d'ailleurs achevée avec son "what happened with the door? Did you run out of money") puis, lorsque que celle-ci bouge, à un ascenseur. Elle met ensuite un temps certain à réaliser que l'intérieur est plus grand que l'extérieur au point que le Docteur grommelle "Is it my imagination or is this taking longer than normal?” et, si elle semble tout d'abord partager l'émerveillement des compagnes précédentes lorsqu'elle réalise enfin ce qu'est le TARDIS, elle subit néanmoins un véritable choc lors de son premier "vrai" voyage qui ne peut pas être rationalisé.

Bien sûr, il serait pénible pour le spectateur de proposer ce schéma à chaque nouvelle compagne : le manque de peur des personnages confrontés à l'impossible dans la science-fiction est parfaitement acceptable dans le cadre de la "suspension of disbelief" nécessaire pour apprécier ce genre. Il est néanmoins raffraichissant de voir un personnage réagir presque normalement (je dis bien presque parce que je pense que je ne serais pas la seule, loin de là, à m'enfuir à toutes jambes^^).


Pour en revenir à la caractérisation de Bill, l’asexuelle que je suis est bien sûre ravie de découvrir qu'elle est lesbienne et semble avoir une relation prof/étudiante avec le Docteur, ce qui rend toute romance entre eux bien peu probable : fort égoïstement, j'aimerais retrouver le Docteur ace que RTD puis Moffat ont sérieusement mis à mal : ce n'est pas comme si on avait une forte représentation dans la pop culture. ;)

Enfin, je suis ravie que nous ayons ENFIN une compagne fan de science-fiction (et sans doute de comics vu ses badges^^). Déjà, cela permet d'aller beaucoup plus vite sur l'aspect toujours un peu lassant de la période d'apprentissage de la nouvelle compagne qui doit découvrir ce que tout fan sait déjà. Ici par exemple, il est inutile de lui expliquer que le Docteur a le pouvoir d'effacer la mémoire des gens, elle reconnait une tentative de mind wipe au premier coup d'oeil. Surtout, puisque le rôle de la compagne est d'être le personnage auquel le spectateur peut identifier, il est plutôt judicieux de lui donner une caractéristique commune à tout fan de Dr Who : un intérêt pour la science-fiction.

Le Docteur lui-même sent immédiatement le potentiel que représente une nouvelle compagne fan de sci-fi et qui sera donc ravie de voyager avec lui (je repense avec horreur à Peri, la compagne du 6eme Docteur, qui ne cessait de râler à chaque épisode et chaque destination) et aura l'ouverture d'esprit nécessaire pour être réellement utile dans leurs futures aventures et pas une simple groupie. Il le montre bien lorsqu'il lui dit "So, you meet a girl with a discoloured iris and your first thought is she might have a lizard in her brain? I can see I'm going to have to up my game." Bref, Bill me semble être une compagne pleine de potentiel et il semblerait que Moffat ait écouté les critiques pour sa dernière saison, du moins sur ce sujet.

Enfin, nous avons le Docteur. Cela fait apparemment entre 50 et 70 ans qu'il donne régulièrement cours dans cette université. Même si cette indication est toute relative puisqu'il peut voyager dans le temps et que nous avons la preuve, avec la position du tapis offert par Bill, qu'il a fait au moins quelques voyages en TARDIS durant ce laps de temps, je ne me souviens pas que le Docteur soit resté si longtemps sur Terre au même endroit, toute incarnation confondue. Cette longue pause a clairement influé sur son caractère, déjà probablement modifié par le mind wipe subi en fin de saison 9 et le deuil de River dans l'avant dernier christmas special même si un simple "romp" sans prétentions comme The return of Doctor Mysterio n'a pas vraiment suffi à s'en assurer.

Ici, les changements sont visibles. Le Docteur de The husbands of river Song ne supportait pas les traditions de noël, celui-ci partage sans rechigner un repas de fête avec Bill, chapeau festif sur la tête. Le Docteur de la saison 9 disait clairement dans The woman who lived "No banters! I draw the line at banter!", celui-ci n'hésite pas à s'y adonner avec Bill au point que Nardole le fait remarquer. Le Docteur de la saison 9, déjà pourtant bien plus humanisé que l'année précédante, avait encore besoin de cartes lui indiquant quoi dire et comment réagir pour ne pas blesser les sensibilités humaines : celui-ci, bien que toujours fort peu à l'aide avec les émotions, n'hésite pas à demander clairement "how do I help?" lorsque Bill, choquée, tente de se ressaisir dans les toilettes en Australie. Ce Docteur semble également tout à fait conscient... et ma foi plutôt content d'être "very silly sometimes" comme l'accuse Nardole.

Bref, s'il est clair que Twelve ne gagnera toujours pas le prix du time lord le plus calin et chaleureux, il s'est encore sacrément adouci et fait plus vieux gentleman réservé qu'associal à la limite de l'autisme (il commence à ressembler sacrément au 3eme Docteur je trouve). Je pense d'ailleurs que Nardole se plante complètement lorsqu'il dit à Bill qu'il ne remarque jamais les larmes, le simple fait qu'il prenne la peine de revenir dans le passé prendre des photos de la mère de Bill montre qu'il est parfaitement capable de comprendre lorsque une personne qui lui est chère souffre : par contre, pour un alien de plusieurs millénaires à la technologie ultra avancée, c'est sacrément la honte de se faire repérer dans le reflet du miroir comme un vulgaire cameraman de Supernatural.^^


Même son costume, plus sobre, reflète sa nouvelle compréhension des codes humains mais aussi, je pense, une certaine tristesse que j'ai en fait ressentie tout au long de l'épisode. Il sourit peu (enfin, moins que d'habitude quoi^^) et, surtout, ne montre pas vraiment d'excitation ou de colère devant le danger, ce qui était souvent le cas auparavant. Il semble en fait en mode veille, ce qui est je suppose assez normal au vu de ses deuils successifs et du fait qu'il a passé un très long moment à vivre une vie plus ou moins "normale". Espérons que le retour à un mode de vie trépidant avec une nouvelle compagne lui redonne un peu d'énergie.

III. Et maintenant?

Passons maintenant à ce que nous savons, ou pouvons deviner, du fil rouge de l'année. Deux mystères, probablement liés, nous sont proposés cette semaine : quel est ce mystérieux coffre que lui et Nardole doivent garder et qui lui a fait promettre de rester sur Terre? Pour être tout à fait honnête... je m'en tape un peu. J'ai toujours trouvé que Moffat était bien meilleur pour poser des mystères que pour y répondre et je pense que je vais essayer au maximum de me laisser porter par la saison même si je me connais assez pour savoir qu je ne pourrai pas m'empêcher de spéculer (et de me tromper probablement^^).

Le seul vrai mystère qui me passionne est de découvrir si cette université qui offre un bureau aussi magnifique à ses profs existe réellement et si je peux postuler. Mon collège est loin d'être le plus mal loti et on est plutôt sponsorisés par le contreplaqué et le PVC. :( Si les directeurs me lisent, sachez que mes cours ont sacrément plus de sens que ceux du Docteur et que j'enseigne réellement les matières pour lesquelles on me paie, MOI.

Plus sérieusement, je pense que c'est en fait lié au mystère précédent. Le Docteur peut non seulement bénéficier de superbes locaux mais enseigner depuis un temps plus long que son âge apparent (ou alors l'histoire se déroule dans un monde alternatif où François Fillon a été élu et a repoussé un peu énergiquement l'âge de départ à la retraite). Il peut même inscrire Bill en cours d'année alors que cette dernière n'a jamais postulé et n'est même pas étudiante même si je suppose qu'il a pu revenir dans le passé pour cela. Plus impressionnant encore, il peut utiliser le nom "the Doctor" de manière officielle, comme on peut le voir rapidement sur les copies des devoirs de Bill. "It's like the university let you do whatever you like" remarque d'ailleurs cette dernière. Ma théorie (quand je vous disais que je ne pouvais pas m'empêcher de spéculer^^) est que c'est UNIT qui a usé de son influence pour que le Docteur obtienne tous ces avantages. Il est d'ailleurs possible que ce soient également eux qui aient demandé au Docteur de surveiller le mystérieux coffre, Osgood et Kate faisant partie des rares personnes vivantes que le Docteur serait susceptible d'écouter.

Je finirais cette saison par de la pure spéculation tirée par les cheveux comme on aime. Bill, lorsqu'elle croit que le Docteur l'accuse lorsqu'il lui fait remarquer qu'elle suit ses cours sans être inscrite, répond "plenty of people come to your lectures that aren't supposed to". Ces mystérieuses personnes sont-elles a) des jeunes qui aiment suivre des cours pour le fun (j'aurais tendance à ricaner à cette idée mais j'enseigne en collège, ce qui fausse un peu ma vision^^) b) des gens de UNIT chargés de la sécurité du Docteur c) des ennemis liés à l'intrigue de la saison et souhaitant ouvrir le coffre d) une simple manière pour Bill de dire qu'elle n'est pas la seule à "frauder", arrête de délirer Tyr! J'aurais tendance à penser à la dernière solution mais qui sait?^^

Plus tordu encore, et je mets la spéculation en spoiler puisqu'elle s'appuie en partie sur le coming soon...
Spoiler: Afficher
le Docteur prend un moment en mains un disque vinyle de la célèbre marque... "his master's voice" Puisque nous savons désormais que John Simm revient, est-ce réellement un hasard? Il est possible que Master Simm soit le méchant de la saison, que Missy ne soit pas de son coté (pourquoi le Docteur serait-il le seul à ne pas s'entendre avec lui-même?^^) et qu'elle tente de prévenir le Docteur par ce moyen détourné. Ou alors, encore une fois... c'est un simple vinyle servant à montrer le coté old school de cette incarnation du Docteur et je dis n'importe quoi.^^




Pour conclure, je dirais que si cet épisode met trop de temps à démarrer à mon goût il s'agit en revanche d'une très bonne introduction à la nouvelle compagne et que la saison semble partir sur de bonnes bases. Dans tous les cas, je remarque que Moffat cherche encore une fois à changer l'ambiance de sa saison par rapport à la précédente et j'ai tendance à penser que chercher à se renouveler est toujours positif, même si cela n'a pas fonctionné à 100% pour moi. Je finirai par cette très jolie citation du Docteur, qui résume d'ailleurs parfaitement la philosophie du personnage : “Hardly anything’s evil. Most things are hungry. Hungry can look a lot like evil from the wrong end of the cutlery."
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Re: Doctor Who - saison 10

Message non lupar Tyr » 24 Avr 2017, 16:36

1x02 Smile

Cet épisode avait pour moi –et beaucoup d’entre vous je pense- un rôle assez crucial qui rend d’ailleurs son titre tout à fait pertinent : me faire oublier pendant 45 minutes les élections présidentielles. Je dois admettre que si la bande annonce m’avait paru tout à fait sympathique, le fait que le scénariste soit celui qui nous avait proposé le très dispensable In the forest of the night en saison 8 me rendait un tantinet suspicieuse quant au résultat (de l’épisode hein, pas de l’élection, là je pense que ce pauvre homme n’y est pour rien).

Conclusion ? Si Smile ne restera sans doute pas dans les mémoires (en tout cas pas dans la mienne) comme un grand chef d’œuvre, je l’ai trouvé fort sympathique et l’ai d’ailleurs revu le lendemain avec plaisir pour préparer cette review. Cela montre d’ailleurs combien le cerveau humain est versatile parce qu’il a un défaut que je trouve assez souvent rédhibitoire : c’est un véritable patchwork d’autres épisodes de Doctor Who à un niveau je pense rarement atteint dans la série. Je commencerai donc par parler de ces emprunts si clairement assumés avant de me pencher sur ce qui m’a plu dans l’épisode pour finir comme la semaine dernière sur la saison en général. Et comme d’habitude, je serai fort longue puisque le Docteur lui-même assure qu’un cours magistral est l’exact opposé d’un massacre.


I. Un épisode copié-collé

In the forest of the night, quels que soient ses défauts par ailleurs, avait la particularité intéressante de tenter de proposer à un public plutôt en majorité branché science-fiction une véritable fable écologique aux relents de conte de fée. C’est clairement un thème important pour l’auteur puisque ce dernier non seulement centre encore une fois son histoire autour d’un conte (ici le magic haddok) mais prouve son attachement considérable au développement durable en nous offrant cette semaine un épisode presque intégralement recyclé. Que ceux d’entre vous qui n’ont pas aimé son travail cette semaine fassent attention : c’est clairement dans la poubelle jaune qu’il faudra déposer son script.

Les emprunts plus ou moins (surtout moins^^) subtils à Doctor Who sont absolument partout et je ne tenterai pas d’en faire une liste exhaustive vu que je souhaite tout de même finir cette review avant les résultats du scrutin (note de la Tyr du futur sur le point de poster ce pavé, j'ai lamentablement échoué). La société futuriste qui doit sous peine de mort toujours donner l’impression d’être heureuse est une reprise directe de l’épisode classique The Happiness patrol (à voir ABSOLUMENT puisqu’il contient non seulement un TARDIS rose bonbon mais le monstre le plus ridiculement hilarant de tout le whonivers, foncez voir ça si ce n’est pas déjà fait^^). Le parallèle est d’autant plus flagrant qu’il s’agit d’un épisode du 7eme Docteur qui lui aussi a un accent écossais prononcé et qui, comme Twelve, est juste un des Docteurs dont le caractère se prête le moins à atterrir sur une planète où il faut sourire tout le temps.

Les fans de la nouvelle série quant à eux auront sans doute repéré le thème de la créature créée par les humains et utilisée comme outil mais qui développe une vie propre (cf la flesh en saison 6) même si ce thème est plus généralement un lieu commun de la science-fiction depuis Frankenstein. L’idée d’une émotion qui devient une épidémie mortelle est exactement l’intrigue de Gridlock (le Docteur reprend même l’expression « happy happy » de cet épisode) et le fait de devoir faire ou éviter un réflexe physiologique pour combattre le danger de la semaine est probablement le moffatisme le plus utilisé (Don’t blink, don’t breath, listen, don’t look away, don’t look et maintenant smile). Plus flagrant encore, le TARDIS qui arrive sur une planète clairement faite pour les humains mais étrangement vide et peuplée de robots qui vous tuent pour votre bien est l’exact scénario de The girl who waited.

Ajoutez à cela des brefs moments « hommages » comme le Docteur qui tient un crâne à la Hamlet (Heaven sent), celui où les victimes sont dévorées très rapidement de manière à ne laisser que les os (coucou les Vashtra Nerada) ou celui où le Docteur se propose comme négociateur entre les humains et une race alien avec laquelle ils doivent partager une planète après un effacement de mémoire (l’épisode des 50 ans) et nous avons là un épisode qui semble vraiment très…trop inspiré du travail des petits camarades du scénariste : disons que si un de mes élèves me rendait une copie de ce genre, ce serait difficile d’éviter le zéro.

Et pourtant, alors que ce genre d’emprunt trop appuyé m’a parfois complètement fait sortir de certains épisodes, cela m’a profondément amusé ici. Pourquoi ? Parce que le scénariste fait une chose que j’adore : assumer complètement sa « tricherie » et en jouer avec le spectateur. Pour s’en convaincre, il suffit de voir avec quelle jubilation il utilise le cliché du « reset button » si détesté des fans, faisant d’ailleurs en sorte que plusieurs personnages nomment cette résolution par ce terme exact et le faisant reformuler par Bill de manière un peu méprisante : « he turned it off and on again ». C’est d’autant plus drôle que cette reformulation est la phrase la plus connue de la série britannique The IT crowd- qui raconte la vie de membres de la hotline d’une entreprise- et que Bill compare précédemment le Docteur à la « helpline » de l’univers. Je n’y peux rien, je n’ai jamais su résister aux jeux sur l’intertextualité.

Mais pour ceux qui doutent encore de l’aspect extrêmement assumé de ces emprunts, il suffit de remarquer que les plus évidents d’entre eux viennent tous… des épisodes 2. Presque tous les épisodes 2 de la série de 2005 en fait. On commence directement par un gros clin d’œil au 1x02 The end of the world puisque, comme Rose, Bill doit choisir entre le passé et le futur, choisit ce dernier et est emmené par le Docteur à un moment qui lui fait réaliser que la Terre est fichue et que les seuls humains sont ceux qui ont colonisé l’espace. Le passage où le Docteur s’escrime à retenir le volant de la machine prête à exploser et crie qu’il a besoin d’un coup de main est d’ailleurs très proche de la résolution du 1x02 où la femme arbre se sacrifie. Le 2x02 (New Earth) quant-à lui amenait Rose sur une planète futuriste apparemment utopique où des êtres animés d’excellentes intentions (guérir toutes les maladies) se livraient à des actes atroces : inutile je pense de souligner les similarités.

Le 3x02 et le 4x02 ne se prêtaient pas au jeu (ce sont des épisodes historiques) mais j’ai déjà fait remarquer la grosse similitude avec le 3x03, Gridlock et le 4x03 (planet of the ood) nous parle comme par hasard d’une race « esclave » des humains qui va finir grâce au Docteur par prouver sa sensibilité et avec qui il faudra désormais partager la planète. Quant-au 5x02, the beast below, c’est probablement l’épisode dont Smile se rapproche le plus, ne serait-ce qu’avec le nom des robots à la face changeante utilisés dans ledit épisode.... les Smilers. Le Docteur lui-même nous montre du doigt la ressemblance lorsqu’il explique à Bill ” Earth was evacuated but there were a number of ships. I've bumped into a few of them over the years.” Il enfonce le clou lorsqu’il lui fait remarquer que le bâtiment est composé de Vardies et lui dit “smile, you’re in the belly of the beast. Nous avons même droit à une blague presque identique sur le fait que même dans l’espace et dans le futur les Écossais souhaitent systématiquement leur indépendance.

Le 6x02 ne pouvaient pas fonctionner (c’est la 2eme partie d’un double épisode, ce qui est plus délicat) mais le 6x03, le terrible Curse of the black spot, nous montre une intelligence artificielle qui attaque en croyant guérir. On retrouve carrément le buste d’ un personnage du 7x02 (dinosaurs on a spaceship), Nefertiti, déplacé et admiré par le Docteur puis sa compagne au cas où le spectateur n’était pas attentif. Quant-au 8x02, Into the dalek, il contient la fameuse et fort dérangeante scène où le Docteur et ses compagnons du moment se retrouvent à patauger dans ce que le Docteur identifie-en plaisantant, ce qui passe fort mal- comme des restes humains. Or, ici, Bill passe sa main sous le « fertilizer » que le Docteur identifie peu de temps après comme le reste du « skeleton crew », blague d’un tout aussi mauvais goût mais qui m’a tout autant fait rire. Smile Enfin, le 9x02 (the witch’s familiar) nous offre lui aussi le thème du mur composé du monstre de la semaine (les daleks en décomposition dans les égouts).

Bref, si une ou deux occurrences pouvaient être une coïncidence, je pense que cette avalanche de ressemblances est clairement voulue et, une fois que j’ai fini par comprendre le principe, je me suis bien amusée à tenter de repérer les suivantes. Nous avions tous repéré combien l’épisode 1 ressemblait à Rose, le pilote de la version 2005 : il semblerait que Moffat ait donné l’instruction au scénariste de faire en sorte que son épisode rappelle le 1x02 et que ce troll ait décidé de pousser le délire un peu plus loin.

Il couronne le tout en utilisant également (pourquoi se priver ?) quelques gros clichés de la science-fiction comme la chose se glissant subrepticement dans l’oreille et permettant de communiquer (voir par exemple le babel fish de H2G2) ou le fait que le vaisseau spatial se pose sans raison loin de l’endroit où l’action a lieu (voir par exemple l’arrivée du méchant au début du dernier Star wars). Pour conclure cette trop longue partie (j’avais pourtant dit que je ne serai pas exhaustive), il est clair que nous sommes ici dans l’emprunt non seulement assumé mais joyeusement revendiqué, ce que je pardonne aisément tant que ça ne se reproduit pas trop souvent.


II. L’épisode « original »

Malgré tous ses efforts, le scénaristes n’a malgré tout pas copié l’intégralité de l’épisode et je dois admettre que ce qui est vraiment de lui (enfin, pour autant qu’on puisse être vraiment original dans un genre comme la science-fiction)est ma foi plutôt charmant. Déjà, je le trouve esthétiquement très réussi avec ce contraste entre le magnifique bâtiment high-tech sur sa planète luxuriante et le vaisseau plus cyber-punk à l’apparence délabrée (quelques siècles sans ménage je suppose^^) et aux tuyaux apparents. Wet brain Vs dry brain : j’aime beaucoup. J’ai bien apprécié aussi les détails plus subtils montrant comment la colonie compte «conditionner» ses occupants au bonheur en choisissant pour eux des prénoms comme Sunshine ou Hopeful ou en insistant sur leur bonté dans le message automatique qui les réveille (« my good people, my very good people ») .

Quant-aux robots, enfin aux interfaces robotiques, mais qu’ils sont choupis ! Je n’ai jamais su résister au « kawai » (vous m’auriez entendu glousser devant les Adiposes…) et ces petits robots avec leurs yeux en smileys m’ont fait fondre. Je sens arriver la bonne aubaine pour le département merchandising de la série.

Je trouve également l’idée du badge révélant l’humeur de son porteur très intéressante, en particulier le fait très bien trouvé qu’on ne puisse pas voir sa propre humeur (ce qui en effet l’influencerait), que le simple fait de sourire puisse influencer celle-ci et surtout que ledit badge se situe à l’arrière, ce qui non seulement permet de conserver une certaine intimité mais, comme le réalise Bill, favorise le contact visuel et donc la communication. Bon, par contre, puisque les robots ont visiblement besoin des badges pour « lire » les émotions des gens (c’est comme ça que j’ai compris le fait que le robot laisse passer le Docteur lorsque ce dernier se retourne pour montrer son badge souriant), il suffisait que le Docteur dise aux gens de la colonie de ne surtout pas accepter le badge des robots pour résoudre le problème. Admettons donc qu’ils n’en aient pas besoin et que le Docteur a uniquement montré son badge parce que son sourire était à peu près aussi convaincant qu’un élève expliquant que son chien a mangé son devoir.

J’ai également été assez sensible à l’humour cette semaine très visuel (emojis oblige) de l’épisode. Mention spéciale au robot affichant le smiley « pounds » lorsque le Docteur négociateur parle de loyers possibles, qui m’a fait éclater de rire à 23h, sans doute à la joie très relative de mes voisins. Je regrette juste que le scénariste ne soit pas allé au bout de la blague en mettant des smileys « euro », ce qui signifierait que le royaume uni du futur aurait choisi de rejoindre la monnaie unique et aurait fait rager les votants du Brexit : le scénariste avait pourtant montré son côté troll dans son jeu sur les emprunts, il a raté là une superbe occasion de faire exploser Gallifreybase.

Enfin, j’ai trouvé la résolution très sympathique. Bon, pas forcément le coup du reset button, drôle mais facile, mais le fait que les Varies deviennent des formes vivantes à part entière (j’ai aussi trouvé intéressant que l’instinct de préservation soit ce que le Docteur considère comme preuve irréfutable de la vie) avec lesquelles les humains vont devoir composer puisqu’ils sont après tout les derniers arrivés. Comme Bill le réalise, elle et le Docteur sont donc à l’origine de la création d’une race nouvelle, ou du moins de sa reconnaissance en tant que race à part entière et du fait qu’elle soit pacifiste (et financièrement intéressée^^).

Mais ce qui m’a le plus plu est le fait que le scénariste (décidément très troll) s’amuse à donner systématiquement des indices sur ce qui va se passer peu de temps après, indices en général trop subtils pour qu’on puisse les repérer à premier visionnage (d’où le fait que j’ai autant apprécié le second).

Cela commence dès que le Docteur met les pieds dans la cité et loue l’optimisme des humains, s’écriant alors « -Do you know what this building is made of? Pure, soaring,.optimism. » alors même qu’un nuage de Varies est effectivement « soaring » au dessus de lui. Cela annonce non seulement de quoi sont fait les murs mais aussi quel est le but des Varies : imposer un pur optimisme. Puis, peu après, on découvre que les robots « speak emoji », ce qui là encore donne une indication sur le problème qui a donné lieu à l’attaque des Varies : les emojis sont par définition l’exagération, presque la caricature d’un sentiment, il est donc évident qu’une race communiquant uniquement par emojis n’aura aucun moyen de comprendre un sentiment nuancé comme le deuil, mélange subtil de chagrin, de regrets, de nostalgie et même de bons souvenirs. Cela risque d’ailleurs de rendre sacrément difficile la cohabitation entre les deux races, je me demande ce qui se passera la première fois qu’un humain tentera par exemple d’utiliser le sarcasme.^^

Comme je l’ai déjà dit, l’expression « skeleton crew » (l’équipage minimal pour les non anglicistes) prend peu de temps après un tout autre sens lorsque le Docteur et Bill réalisent ce qui s’est passé et il est intéressant de constater que l’on voit le fertilizer en arrière plan lorsque le Docteur prononce ces mots pour la première fois. Enfin, on retrouve le thème (plutôt typique d’Eleven habituellement) du Docteur dont l’inconscient a compris la résolution avant son cerveau lorsque Twelve, sans trop comprendre pourquoi, ne cesse de penser au conte du « magic haddock ». Quiconque connaissait ledit conte avait donc déjà une grosse indication sur la résolution « reset button » de l’épisode. Bref, un spectateur très attentif avait toutes les clés pour décoder l’épisode sans que ce soit non plus une évidence, j’aime bien.


III. L’épisode dans sa saison

Cet épisode, bien que complètement indépendant dans son intrigue, a néanmoins une importance dans la saison. Maintenant qu’on nous a présenté la nouvelle compagne il nous faut la découvrir dans ce rôle et, surtout, découvrir son interaction avec le 12eme Docteur lui-même en perpétuelle évolution. Enfin, l’épisode doit également continuer à raccrocher les nouveaux spectateurs en leur résumant plus de 50 ans de série. Pas de pression les gars !^^

Pour ce dernier point, l’épisode se concentre sur les particularités du TARDIS. On commence par découvrir son système de navigation ma foi fort bien résumée par le Docteur : you don't steer the TARDIS,you negotiate with it. The still point between where you want to go...and where you need to be,that's where she takes you” puis nous (ré)apprenons que le Docteur l’a volé. Nous découvrons enfin, grâce aux talents de détective de Bill (qui sait lire et a pensé à regarder ce qui est écrit en gros sur la porte^^) que son apparence de police box n’est pas anodine et que la raison donnée par le Docteur (« it’s stuck ») est un…heu…comment dit-on aujourd’hui ? Un fait alternatif !^^

Les nouveaux arrivants, par le biais de la nouvelle compagne, ont également droit à une leçon sur un des thèmes dominants de la série (et de la science fiction en général) : le fait que les races aliens puissent être extrêmement diverses et éloignées de ce que l’on connait mais n’en sont pas moins digne de respect. Ainsi, Bill est reprise vertement par le Docteur lorsqu’elle dit trouver les Varies décevants : « l That's a very offensive remark. Don't make personal remarks like that. » Lorsqu’elle persiste à penser que l’on ne peut pas vexer un robot, le Docteur la taxe alors de « typical wet brain chauvinism » et la fin de l’épisode lui donne raison puisque les Varies accèdent au statut de race à part entière.

Pour ce qui est du personnage de Bill, je suis ravie de constater qu’elle me plait toujours autant. Elle a un visage très expressif et, surtout, continue de faire preuve de normalité comme le montre sa réaction, la seule logique quand on est emmené sur une autre planète dans un futur lointain : « I’m not thinking, my brain is overloading ». Encore une fois, même pour une fan assumée de science-fiction (très sympathique référence de sa part aux 4 fantastiques d’ailleurs^^) qui a eu le temps de digérer le fait que son prof soit un alien qui voyage dans le temps et l’espace, le premier voyage ne peut QUE être un choc émotionnel violent. Le fait qu’elle l’admette et qu’elle mette également un temps à digérer le fait que le Docteur ait deux cœurs est d’une normalité rafraîchissante.

Il semblerait que son trait de caractère principal se confirme : Bill va être le personnage qui amène du bon sens dans un univers qui n’en a que bien peu. Ainsi, elle réalise immédiatement certains points que ni le Docteur ni, je pense, l’immense majorité des spectateurs n’avaient remarqué : par exemple que la chaise est trop loin de la console pour piloter, qu’il manque les ceintures de sécurité (bon, ça je le dis depuis longtemps et je fais la même remarque sur l’Enterprise, vu le nombre de régulations de Starfleet c’est même incroyable^^) ou qu’une application permettant de communiquer automatiquement à distance téléchargée dans son oreille est un tantinet ennuyeuse dans les situations où l’on ne veut pas être entendu (sérieusement, j’aurais pensé à une situation bien plus embarrassante que les toilettes^^). Quant-au fait que sa première réaction sur le fait que le Docteur ait deux cœurs est de se demander s’il a une « very high blood pressure », cela m’a bien fait rire et rappelé la réflexion de la mère de Rose qui se demandait s’il avait d’autres parties du corps en double.

Quant-à l’interaction entre les deux personnages, c’est très clairement une relation mentor-élève qui se profile, comme nous pouvions le deviner la semaine dernière : j’en suis ravie! J’apprécie d’ailleurs que l’épisode prenne soin de nous éloigner Nardole afin de laisser l’alchimie se créer entre le Docteur et sa nouvelle compagne. Ce personnage n’ apparaît donc que deux minutes, le temps de renforcer l’idée que le Docteur semble surtout ressentir de l’exaspération à son égard et de nous donner la claire impression qu’il n’apprécie pas particulièrement les humains (ce qui me conforte dans l’idée qu’il est en fait intégralement robotique et non pas un homme à corps de robot). Pour en revenir à Bill et au Docteur, l’idée d’une relation prof-étudiante est renforcée par les références du Docteur à son nouveau travail (il va ainsi faire une « lecture » aux colons afin de les calmer^^) mais aussi par Bill qui s’exclame que le Docteur est le « best tutor ever ». Les tentatives de ce dernier (évidemment infructueuses) pour se comporter en mentor responsable et l’empêcher de le suivre dans les dangers sont également très mignonnes.

Cela dit, si la relation n’est donc clairement plus aussi égale qu’entre une Clara doctorisée et un Twelve très dépendant d’elle, Bill n’est clairement pas prête à accepter n’importe quoi de son tuteur. Ainsi elle est la première compagne qui apprend que le Docteur a volé le TARDIS à exprimer certes de l’amusement mais également une pointe de reproche, c’est en tout cas comme ça que j’ai pris le fait qu’elle lui demande ce qu’il se passerait si elle le lui volait à son tour.

Enfin, elle n’hésite pas à demander au Docteur de quel droit il peut ainsi exploser ce vaisseau, et cet exemple n’est pas anodin. En effet, j’ai souligné tout à l’heure la ressemblance entre Smile et the Happiness Patrol ainsi que plusieurs épisodes où Rose était la compagne. Or, Rose a rencontré le Docteur au moment où ce dernier fait exploser son lieu de travail et ne lui a jamais réellement reproché, se contentant d’y faire allusion de manière sarcastique lorsque Jack réagit au fait que Nine ait fait exploser une fabrique d’armes pour y faire construire une bananeraie. Quant-à la compagne de The Happiness Patrol, Ace, elle est justement connue pour son amour immodéré des explosions. Bill, par cette simple question, tranche donc avec les compagnes que les fans avaient probablement en tête en regardant cet épisode et se pose comme un personnage qui ne va pas laisser son admiration réelle pour son mentor l’empêcher de le remettre en cause lorsqu’elle trouve ses décisions moralement discutables.

Pour conclure sur Bill, j’apprécie fort que sa remarque en voyant qu’elle n’a pas la même ration que le Docteur (« Is there going to be food sexism even in the future? Is this bloke utopia?” ) parce qu’elle atténue justement sa blague de l’épisode précédent sur la jeune fille qu’elle avait rendue grosse et que j’avais trouvée si limite. Est-ce un hasard ou un fait voulu, je n’en sais rien puisque j’ignore si le scénariste connaissait le contenu de The Pilot ou si Moffat est celui qui a demandé à rajouter cette blague pour contrebalancer celle de l’épisode précédent. En tout cas c’est fort bienvenue.

Pour ce qui est du Docteur, les fans n’apprennent pas grand-chose de nouveau si ce n’est que Twelve s’est clairement beaucoup humanisé au contact des étudiants et n’a plus l’aspect quasi autistique des premières saisons. La seule véritable révélation est une possible explication du manque d’appétit du Docteur, que l’on ne voit quasiment jamais manger dans la série : il a juste rencontré trop de formes de vie différentes. « I'm not that fond of fish,except socially, which can complicate a meal like this.” avoue-t- il à Bill, possible référence au fameux Jim the Fish don’t River et lui nous ont déjà parlé (cela n’avait cela dit pas l’air de gêner 11, grand amateur de fishfingers). Même les algues ne peuvent pas être au menu puisqu’un empereur composé d’algues l’a déjà dragué (son ton et son expression lorsqu’il le raconte à Bill sont d’ailleurs très drôles). Nous l’avons déjà vu interagir avec des arbres humanoïdes, des hommes chats, des boules de graisse sur patte… au bout d’un moment, il ne doit plus lui rester grand-chose de comestible qui ne lui rappelle pas un pote ou deux.

Les nouveaux spectateurs, quant-à eux, ont droit à un rapide résumé des caractéristiques physiques et morales importantes du personnage, de ses propres mots «a scary, handsome genius from space ». Il a deux cœurs et est télépathe puisqu’il peut ressentir les derniers instants de la personne dont il examine le crâne (Twelve est définitivement plus puissant que son prédécesseur, obligé de donner de violents coups de boule pour utiliser ses pouvoirs). D’ailleurs, je ne sais pas si cela vient du fait qu’il est effectivement un télépathe plus puissant que ses incarnations précédentes (il peut même comprendre les portes comme on le voit dans Heaven sent^^) ou si c’est une conséquence de son traumatisme de fin de saison 9 mais il a une légère tendance à vouloir effacer les mémoires : deux épisodes sur deux qu’il tente de le faire ! Sinon, les néophytes découvrent également que le Docteur aime le danger, est capable malgré son génie de monumentales erreurs (il est à deux doigts de détruire la race humaine en voulant la sauver) et a tendance à faire croire qu’il a un plan avant d’en avoir réellement un.

Il n’hésite pas non plus à faire semblant de ne pas entendre lorsque cela l’arrange (ce qui est un super-pouvoir de prof, rien d’étonnant^^). Ainsi, dans l’épisode précédent, il semblait ne pas entendre lorsque Bill lui demandait comment le tapis qu’elle lui avait offert pouvait se retrouver sous le TARDIS alors que ce dernier était censé ne pouvoir être soulevé que par une grue. Cette semaine c’est lorsque Bill réalise que la Terre a probablement subi une catastrophe et lui demande confirmation qu’il fait mine de ne pas entendre, soi-disant à cause du bruit de la machine. Enfin, c’est Bill qui va résumer pour les nouveaux spectateurs ce qu’elle vient elle-même de comprendre et qui définit le plus le Docteur : il est incapable de laisser qui que ce soit en danger ou de laisser à un autre le soin de sauver les personnes en détresse. Il a beau s’en défendre, le titre de policier de l’univers lui va plutôt bien.^^

Pour finir sur le fil rouge de la saison, nous avons effectivement un début d’explication sur le mystérieux coffre grâce au Docteur : « A long time ago, a thing happened. As a result of the thing, I made a promise. As a result of the promise, I have to stay on Earth. Guarding a vault. » Cela nous apprend donc… absolument rien de nouveau ! Merci Docteur pour ce grand moment de vide digne d’un discours de Macron… ou, je dois l’admettre, des cours d’une prof crevée le lendemain d’une soirée électorale qui n’en finissait pas. Il a vraiment bien intégré les ficelles du métier depuis qu’il bosse à l’université ! J’éviterais donc de théoriser sur du vide même si je suppose qu’on peut à la rigueur penser que le fait que Nardole pousse autant le Docteur à ne pas rompre sa promesse pourrait laisser croire qu’il est lié à ce fameux coffre ou à la personne à qui le Docteur a fait la promesse. Ou alors c’est juste un majordome pointilleux, ou un robot mal réglé. Bon bah voilà, j’ai théorisé : je suis incorrigible !


Pour conclure, j’ai trouvé que malgré ses facilités certaines (et souvent assumées) cet épisode était très agréable et étonnamment rafraîchissant. Est-ce dû à la nouvelle compagne, à cette interaction plus classique entre cette dernière et le Docteur, à une certaine simplicité reposante dans le scénario ou à mon absolue incapacité à ne pas fondre devant les robots choupis, je ne sais pas. Je trouve en tout cas que cette saison commence très bien et je commence déjà à appréhender la mort de Twelve (et la disparition de son délicieux thème musical). Félicitations donc au scénariste, dont je n’attendais franchement pas grand-chose. Je conclurai par les mots qu’il fait dire au Docteur et qui désignent à mon avis tout autant son travail que la tentative de sabotage que Twelve tentait d’accomplir à ce moment (celui-ci regarde même la caméra en les prononçant, signe en général d’une explosion de 4eme mur imminente) :« This isn’t as easy as it looks ».
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Tyr
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