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Doctor Who 10x04 Infestation of the dryads…heu… Knock knock

1004 femmebois“An old house and a dodgy landlord, which is pretty standard for students”

Je n’étais franchement pas très convaincue par le trailer de la semaine dernière. J’aime beaucoup les films d’horreur et suis de ce fait très difficile à contenter sur ce point ; or, Doctor Who étant avant tout une série familiale, elle ne peut en général pas aller assez loin pour proposer des épisodes réellement effrayants et le résultat est souvent plus proche de Scooby doo que de Amityville.

 

En fait, paradoxalement, Doctor Who est souvent bien plus effrayante dans ses épisodes de pure science-fiction que lorsqu’elle s’essaie au genre fantastique (Blink étant la magistrale exception et restant malgré tout un épisode hybride avec un pied dans les deux genres). Je partais donc avec un à priori-négatif mais c’était également le cas pour Thin Ice et j’avais été très agréablement surprise : hélas pour moi, le miracle ne s’est pas reproduit.

Je ne dirais pas que cet épisode était mauvais mais il est pour moi indéniablement le plus faible de la saison pour l’instant. C’est d’ailleurs le seul que j’ai eu du mal à revoir le lendemain pour ma prise de notes et j’ai pourtant testé pour celle-ci la version binaural audio mix de l’iplayer, censée être plus effrayante. Comme je suis malgré tout une fan inconditionnelle de la série et que j’apprécie probablement assez Twelve/Capaldi pour rester devant un épisode où il me lirait l’annuaire téléphonique pendant 50 minutes, je développerai mes griefs dans mes deux premières parties mais m’épancherai sur les qualités de Knock knock dans la dernière afin de finir sur du positif.

 

1004 diapason

I. What the knock ?

 

Alors oui, je sais, Doctor Who n’est pas forcément la série à regarder lorsqu’ on cherche des épisodes scientifiquement corrects, un scénario béton et une logique interne parfaite. Je sais que rien que depuis que mon cher Twelve a pris le contrôle du TARDIS (si tant est que le TARDIS puisse réellement être contrôlé) nous avons découvert que la lune était un œuf, que des arbres pouvaient recouvrir la planète 24 heures puis disparaître sans causer le moindre dégât et que le dépôt de peau morte qui s’accumule au coin de nos yeux lorsque l’on dort est bien plus dangereux qu’on ne le croit. Mais même à une échelle whovienne, le scénario de cet épisode est un tissu d’énormités.

 

Je ne vais pas être exhaustive sur ce point parce qu’il me faudrait en gros retranscrire tout le script. je vais me contenter d’énumérer, plus ou moins dans l’ordre, ce qui a réussi à ébranler la suspension of disbelief en béton armée que j’arbore fièrement à chaque épisode.

 

Six jeunes gens visiblement pas stupides cherchent une location, ont un mal fou à trouver, reçoivent une proposition miraculeuse… et pas un ne lit en détail le contrat ? Aucun d’eux n’a non plus un adulte responsable pour le leur rappeler ou au moins s’inquiéter de leur disparition ? Il y a déjà eu 12 disparitions dans la même maison et le landlord n’a pas encore été arrêté ni même inquiété ?

 

1004 dryadCes insectes aliens étaient dans le jardin et n’embêtaient personne auparavant ? Pourquoi doivent-ils se nourrir tous les 20 ans ? Pourquoi de viande alors qu’ils semblent avoir surtout les caractéristiques du bois ? Pourquoi leur faut-il des humains ? Des moutons par exemple, ce ne serait pas plus simple et éthiquement plus responsable ? Dans la scène où les « toc toc » résonnent de partout dans la maison, comment peuvent-ils imiter le bruit de quelqu’un qui frappe à une cloison alors que ce sont des insectes (ce ne peut pas être les victimes, elles se font visiblement dissoudre lorsqu’elles sont attrapées)? Pourquoi le font-ils d’ailleurs, ils n’ont aucune raison de tenter de faire peur à leurs victimes, ce ne sont pas des sadiques. En admettant que ces insectes soient assez symbiotiquement liés à la femme en bois pour accepter à la fin ce qui est après tout un suicide collectif, comment font-ils pour ressusciter les victimes qu’ils ont totalement absorbées depuis parfois plusieurs heures ? Pourquoi dans ce cas ne pas avoir ressuscité les 12 victimes précédentes ?

 

Si les premiers illogismes que je relève peuvent bien sûr être expliqués par un hommage assez évident aux films d’horreur où les victimes ont bien souvent tendance à avoir l’esprit de conservation d’un lemming et bien peu de gens pour s’inquiéter de leur disparition, tout ce qui tourne autour des insectes fleure bon la facilité scénaristique du « c’est des aliens, ils fonctionnent comme ça et puis c’est tout », équivalent du « ta gueule c’est magique » dans le genre de la science-fiction.

 

Comme toute fan de Doctor Who, je suis capable de passer outre lorsque l’histoire entière ne tourne pas autour de ça. Je n’ai pas trop râlé par exemple la semaine dernière sur le fait qu’on ne sache pas d’où vient le monstre, où il va à la fin, pourquoi il chie du super-fuel ou pourquoi le méchant de la semaine le nourrit d’humains et non d’animaux, ce qui n’est pas discret… alors que je reproche paradoxalement le premier et dernier point à Knock Knock cette semaine. Mais Thin Ice traitait en priorité de l’interaction entre Bill et le Docteur, du côté sombre de Twelve et du thème de l’humain plus monstrueux que le monstre et non de l’alien lui-même. Or, Knock knock se concentre complètement sur le mystère des insectes (impression renforcée par le fait qu’il s’agisse d’un huis clos), tout illogisme sur le sujet est donc immédiatement très visible.

 

Après, comme toujours, il y a une bonne part de subjectif dans ce dont je viens de parler : parfois les illogismes et énormités passent parfaitement, parfois pas du tout. Pour moi, cette semaine ce n’est pas passé et m’a complètement fait sortir de l’épisode à plusieurs reprises, je conçois parfaitement que ça n’en ait pas gêné d’autres et j’ai pu voir sur le web que l’épisode a été globalement fort apprécié. Comme je le disais, je suis particulièrement difficile sur les épisodes surfant sur le genre de l’horreur, je fais d’ailleurs partie de ceux qui n’ont pas trouvé Listen très intéressant.

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II. Le crime était presque parfait

 

Mais ce qui m’a le plus agacé dans Knock Knock n’est pas ses facilités mais ses occasions manquées. Il y a dans cet épisode de très bonnes choses (j’y reviendrai d’ailleurs en 3eme partie) mais surtout des pistes pleines de promesses… qui ne sont pas ou peu exploitées.

 

Prenons le genre de l’horreur par exemple. Comme je le disais et comme le scénariste le sait visiblement, il est délicat d’aller trop loin sur ce sujet dans une série familiale. L’épisode commence donc clairement par se diriger plus sur un épisode de parodie d’horreur que sur du véritablement effrayant. Un personnage fait d’ailleurs très vite la comparaison entre la maison et un épisode de Scooby-Doo, ce qui m’a personnellement fait croire que l’auteur allait jouer sur ce genre de ficelles.

 

Le titre même de l’épisode est « knock knock » après tout : pour les non anglicistes, une « knock knock joke » est un type de blague très lourdingue commençant toujours par -knock knock- Who’s there ? (-Toc toc ! -Qui est là ?) et s’achevant sur un calembour pas très fin. De même, le fait d’avoir choisi Suchet dans le rôle du landlord était pour moi un aveu que l’épisode allait plus surfer sur la parodique que sur l’horreur. Suchet est surtout connu pour avoir joué le détective Hercule Poirot et les disparitions étranges dans une vieille maison abandonnée sont tout à fait de son ressort : le fait qu’il en fasse des tonnes dans le rôle du très louche landlord (c’est d’ailleurs un des aspects qui m’a beaucoup plu) a achevé de me convaincre que cet épisode n’allait que faire semblant de tenter de nous faire peur et qu’il visait surtout à nous faire rigoler.

 

Et pour le coup, je dois dire que ça partait plutôt bien. On commence, comme je le disais, par sauter à pied joint dans les clichés des films d’horreur : une bande de jeunes assez inconscients et visiblement isolés socialement s’installent dans la maison abandonnée sans réseau téléphonique d’un propriétaire très louche et décident de se séparer alors qu’ils entendent des bruits étranges… on n’est vraiment pas loin du sketch de Bigard. Le scénariste prend alors soin, clairement encore une fois dans un but comique, d’inverser totalement le cliché en faisant des trois premières victimes les trois hommes blancs de l’épisode (les premiers à mourir dans un film d’horreur sont en général les Noirs et les femmes sexy) et de la seule Noire la survivante. Ce choix est d’ailleurs tellement assumé que la première fois que le groupe entend les bruits, Shireen demande à un des Blancs d’y aller parce qu’il est le plus grand… « and the most expendable ».

 

Hélas, l’essai comique s’arrête là et l’épisode semble ensuite se prendre au sérieux, du moins en ce qui concerne l’aspect « horreur ». J’aime le mélange des genres et cela ne m’aurait certainement pas dérangé s’il y était parvenu mais je n’ai pas eu ne serait-ce que le début du commencement d’un frisson. Je suppose que c’est là encore en partie subjectif et que d’autres y ont été plus sensibles mais je ne vous cacherais pas que j’ai trouvé toute cette partie censée faire peur un peu longuette puisque le but principal ne fonctionnait pas sur moi. Il n’y a pas de mystère, un danger visible est un danger « domestiqué » et à partir du moment où l’on voit les insectes l’épisode m’a perdu sur ce point. Cela aurait pu être différent si nous avions eu au moins deux disparitions mystérieuses où l’on ne voyait rien et où seul le bruit indiquait l’arrivée du danger (encore une fois le titre de l’épisode pouvait laisser penser qu’il jouerait sur l’aspect auditif de la menace) mais on en voit trop -et trop vite- à mon goût.

 

1004 victimEnfin, le « everybody lives » (sauf les 12 premières victimes dont tout le monde se fout puisqu’on ne les voit qu’en photo) final est à mon sens extrêmement décevant. Non seulement il efface le seul véritable aspect horrible de l’épisode – le fait que cinq jeunes innocents aient trouvé la mort dans des conditions terrifiantes- mais, comme je l’ai dit, il est complètement illogique puisque même des victimes avalées et digérées depuis un bout de temps sont reconstituées sans aucun problème. De plus, il est complètement inutile : la série a beau être familiale, elle peut se permettre quelques morts sans choquer son public. L’épisode précédent a tué un petit enfant et je n’ai pas entendu parler de plaintes à Ofcom, le CSA britannique. Bref, en tentant d’allier horreur et parodie d’horreur, je trouve que l’épisode rate les deux aspects.

 

Même si je n’ai cessé de critiquer les insectes aliens depuis le début de ma review, ils avaient eux aussi un potentiel qui n’a pas été creusé. Par exemple, le fait qu’ils soient capables de manipuler le bois et ne s’en servent en gros que pour se planquer et sceller des portes est un monumental gâchis : ils auraient vu créer soudain des trappes faisant chuter leur victime, se conglomérer en un bras géant en happant une autre… les possibilités étaient immenses mais l’épisode ne varie absolument pas leurs attaques, ce qui a participé à la sensation d’ennui que j’ai ressentie au milieu de l’épisode. Et puis quel dommage d’oublier ainsi que le tournevis du Docteur ne fonctionne pas sur le bois, ce qui aurait pu donner lieu à un raté de sauvetage spectaculaire alors qu’il s’escrimerait à tenter de libérer une des victimes en l’utilisant.

 

L’idée que les insectes puissent être contrôlés par les sons était là aussi une très chouette piste mais qui manque de continuité. Les sons aigus les attirent, fort bien (bon, pas à chaque fois puisque la 1ère fois que Bill et Shireen ouvrent la boite à musique il ne se passe rien mais admettons que Shireen la referme trop rapidement), mais qu’est-ce qui les fait partir ? Il semblerait qu’ils partent immédiatement quand le silence revient et pas avant, c’est ce que semble montrer le passage où le garçon est tout de suite aspiré quand le tourne disque s’éteint mais l’était seulement à moitié lorsqu’il tournait encore, comme si les insectes ne pouvaient pas partir tant que la musique continuait. C’est aussi ce que l’on voit quand le Docteur allume puis éteint la boîte à musique dans la chambre. Sauf que ce n’est pas compatible avec la manière dont le landlord attire les insectes : le son produit par le diapason s’arrête après tout très vite mais les insectes ne disparaissent pas pour autant : ils peuvent donc rester à l’affut malgré le silence… lorsque cela arrange le scénario.

 

Mais surtout, il va falloir m’expliquer comment le Docteur peut examiner le monte-charge dans la cuisine sans faire sortir les insectes alors qu’il se sert du tournevis sonique qui fait un bruit très aigu. C’est non seulement un illogisme mais encore une fois une belle occasion manquée. Le Docteur aurait pu attirer l’ennemi à chaque fois qu’il utilisait son tournevis, provoquant la perte de la personne à côté de lui mais lui-même n’étant pas inquiété car le landlord a dressé les insectes à ne pas attaquer celui qui tient l’objet qui fait le bruit suraigu (le diapason dans son cas). Il aurait pu ainsi ne pas réaliser avant la fin qu’il était la cause indirecte des attaques sur lesquelles il enquêtait, ce qui aurait été un ressort d’horreur assez intéressant.

 

Franchement, toutes ces occasions manquées et pistes non exploitées jusqu’au bout m’ont donné l’impression qu’il y avait eu des coupures un peu trop sèches au montage : il est tout à fait possible que ce soit le problème et que ce qu’il manque réellement à l’épisode soit les 5-6 minutes servant à expliquer le background des insectes, expliciter le pouvoir de la musique sur eux et ajouter quelques détails de ci de là. Je me souviens d’une interview de Gaiman sur son épisode Nightmare in silver dans laquelle il décrivait quelques scènes coupées qui justifiaient certaines des aberrations de l’épisode.

 

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III. Knock yourself out

 

Passons maintenant à ce que j’ai trouvé intéressant et bien fait dans l’épisode (et non, ce ne sont pas seulement les 3 dernières minutes^^). Contrairement aux trois premiers épisodes dont le but clair et avoué était d’introduire auprès du public Bill et son interaction avec le Docteur, cet épisode estime que le décor a été planté et passe beaucoup moins de temps sur ce sujet. Cela dit, le peu qu’il révèle n’est pas sans intérêt.

 

A travers Bill, le nouveau public a donc droit à un cours accéléré sur les time lords, leur goût pour les collerettes et une rapide allusion à la régénération. Pour ce qui est de notre duo, on retrouve là un thème propre si je ne m’abuse à l’ère Moffat, le compagnon à mi-temps qui compte bien avoir une vie en dehors du TARDIS. Amy, Rory et Clara n’y parvenaient qu’à moitié (les premiers réalisant qu’ils vieillissaient plus vite que leurs amis restés sur Terre et Clara s’épuisant à tenter de concilier ces deux modes de vie) mais Bill semble bien décidée à ne pas laisser le Docteur et ses merveilles empiéter sur sa vie privée. « I'll see you later for more exciting TARDIS action, but basically, this is the bit of my life that you're not in. » lui annonce-t-elle avec fermeté après qu’il a semblé ignorer sa dizaine de sous-entendus fort peu subtils sur ce sujet.

 

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette scène a lieu juste une minute avant le moment où Bill rembarre le jeune homme qui la drague : cette compagne n’est pas dans le sous-entendu, la diplomatie et le compromis : elle sait ce qu’elle veut et ne veut pas et le dit clairement. Ce Twelve étant nettement plus humanisé que celui que Clara côtoyait, il est même possible qu’il l’écoute et la laisse vivre sa vie de temps à autres…peut-être…

 

Pour ce qui est de ce Twelve 2.0 que la saison nous propose, la réaction du colocataire de Bill lorsqu’elle le leur présente nous montre qu’il s’agit d’une véritable légende urbaine sur le campus (cela dit, s’il enseigne depuis plus longtemps que son âge apparent, il y a de quoi^^). On retrouve ici son coté poétique qu’il dévoile dans the Pilot (même si je persiste à penser que la physique ne rime pas) lorsqu’il appelle l’alien inconnu maîtrisant le bois une dryade, nom donné par les Grecs aux nymphes des bois pour ceux qui dormaient durant les cours de mythologie du collège^^. En bon alien ouvert d’esprit, il continue à les appeler ainsi alors même qu’il a vu leur apparence : après tout, «Everyone loves insects » .

 

1004 maisonConcernant le duo Bill-Docteur, j’ai trouvé également la scène de révélation très intéressante. Bien sûr le Docteur est celui qui trouve l’essentiel de la solution, il est sans conteste le plus intelligent des deux (même si je ne vois pas comment il a pu deviner immédiatement que le landlord vivait isolé et presque « hors du temps » comme le laisse penser sa question sur qui est le premier ministre la première fois qu’il le voit). En revanche il est limité par le fait que, malgré son long séjour sur terre, il continue à penser comme un alien : il ne réalise donc pas qu’un adulte ne ramasserait pas des insectes et qu’un humain vieillit et meurt bien plus rapidement qu’un timelord et c’est cette part de bon sens qu’apporte Bill, permettant ainsi au duo de trouver la solution. Je trouve ça bien plus crédible que les épisodes où la compagne trouve la solution avant le Docteur en ayant pourtant les mêmes éléments à disposition, ce qui était parfois le cas avec Amy et Clara.

 

J’ai également apprécié David Suchet, déjà parce qu’il est un excellent acteur mais aussi parce que son personnage du landlord, qui passe de la figure inquiétante et menaçante de l’épisode au gamin dans un corps d’adulte n’ayant jamais eu la possibilité de grandir mentalement à cause de son isolation, très intéressant. De même, si je n’ai pas trouvé que l’épisode allait assez loin dans le coté comique, j’ai apprécié les jeux de mots sur le titre comme lorsque le Docteur, pour conjurer le sort, dit « knock on wood » (touchons du bois) ce qui est évidemment très contre-productif dans cet épisode. :D Je n’ai jamais dit que j’appréciais l’humour fin.^^

 

J’ai également trouvé fort intéressant que cet épisode, malgré son aspect très stand alone, s’intègre parfaitement dans la saison. En effet, on commence à pouvoir observer certaines tendances récurrentes dans le ton et les sujets traités. Ainsi, l’aspect critique sociale, qui n’est certes pas une nouveauté dans la série mais qui était assez fortement présent la semaine dernière, refait son apparition avec une petite pique sans subtilité sur la crise du logement dans les grandes villes anglaises. La grande diversité ethnique des colocataires n’est probablement pas non plus un hasard, pas plus que le fait que, comme je l’ai fait remarquer précédemment, les Blancs soient pour une fois les premiers à disparaître.

 

On retrouve encore une fois un thème de l’absence de la figure paternelle. Chez Bill bien sûr, qui a désormais quelques photos de sa mère mais dont le père reste toujours aussi énigmatiquement absent mais également chez le landlord, dont le père est également inexistant lors de l’agonie de sa mère et qui se retrouve très symboliquement à le remplacer en se faisant passer pour le père de sa propre mère. Cela pourrait être un hasard bien sûr mais je remarque que nous n’avons pas une seule allusion aux parents des autres colocataires, seulement au grand-père de l’un d’eux, et que Bill se refuse énergiquement à faire passer le Docteur pour son père et persiste à l’appeler « grandfather ».

 

1004 groupeC’est bien sûr avant tout une pique sur l’âge de Capaldi et un clin d’œil aux fans de l’ancienne série puisque le précédent Docteur à l’apparence âgée, One, était accompagné de sa petite fille Susan qui l’appelait ainsi, mais je persiste à penser que c’est plus que ça et que Bill se refuse sciemment à appeler « father » quelqu’un qu’elle apprécie et respecte : il y a un mystère sur ce point, je le sens. Et vu que c’est la 2eme fois que la saison fait référence à Susan (on voit sa photo dans The Pilot), j’ose espérer que ce n’est qu’un trollage de Moffat et non pas l’amorce d’une révélation sur le thème de « Bill est la fille du Docteur/Susan régénérée/la fille de Susan régénérée…). Un mystère « humain » autour du père de Bill, je suis pour. Une révélation selon laquelle Bill est plus qu’une simple humaine, pitié, pas ENCORE !

 

Enfin, je remarque l’émergence maintenant assez claire d’un thème concernant le monstre de la semaine. Que ce soit la flaque alien de The Pilot, les robots tueurs de Smile, le monstre de Thin Ice ou les insectes de Knock Knock, nous n’avons pour l’instant pas un seul véritable méchant qui ne soit pas humain. Tous sont soit animés de bonnes intentions (les robots qui pensent assurer le bonheur de la colonie et la flaque qui cherche un pilote et choisit la fille qui rêve de partir loin) soit « neutres (le monstre de thin ice qui ne cherche qu’à fuir, les insectes qui ne cherchent qu’à survivre).

 

C'est bien sûr le thème de l’humain plus monstrueux que le monstre, que l’on retrouve pour la 2eme fois d’affilée mais avec quelques nuances. Lord Sutcliffe faisait preuve de cruauté pour le profit, une cruauté civilisée si je puis dire. Le landlord représente quant-à lui la cruauté « naturelle » de l’enfant qui n’a pas encore été socialisé et qui ne pense qu’à lui et à ceux qu’il aime non par méchanceté gratuite mais parce qu’il n’a pas encore vraiment appris l’empathie. C’est le genre de cruauté que l’on peut découvrir par exemple dans Peter Pan (je conseille d’ailleurs vraiment ce livre, absolument glaçant et bien loin du mignon dessin animé). Dans les deux cas le danger vient de l’humain et non du monstre ; c’est même aussi un peu le cas dans Smile puisque les robots ne tuent que suite à une erreur de programmation des humains qui, dans leur quête du bonheur, n’ont pas prévu la gestion du deuil par les Vardies.

 

Quant-aux « monstres », ils consomment, dévorent… et recyclent. Sans haine, sans cruauté, par nature. “Hardly anything’s evil. Most things are hungry. Hungry can look a lot like evil from the wrong end of the cutlery.”dit le Docteur à Bill dans the Pilot, et tous les épisodes de la saison lui donnent pour l’instant raison. La flaque alien « dévore » Heather et la recycle en pilote, les Vardies dévorent les colons et les recyclent en engrais, le monstre de la Tamise dévore ceux qui s’aventurent seuls sur la glace et les recycle en combustible, les insectes dévorent les locataires et les recyclent en énergie vitale pour leur symbiote. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard je pense si le landlord contrôle les insectes à l’aide d’un diapason… appelé en anglais « tuning fork ». Bref, pour l’instant, en saison 10, les humains font preuve de cruauté et/ou d’inconscience, les aliens tentent de survivre et participent au développement durable.^^

 

Je conclurai bien sûr cette troisième partie sur le fil rouge du coffre. L’épisode nous montre encore une fois que le Docteur ne semble pas éprouver une grande affection pour Nardole et que ce dernier semble surtout là pour lui faire la morale : cela me conforte dans l’idée que Nardole est plus un outil qu’un compagnon, un outil nécessaire mais pas forcément voulu. Franchement, Twelve traite un peu Nardole comme je traite mon réveil lorsqu’il sonne à 6h30 : il prend en compte son message mais le fait sans plaisir voire avec dureté et n’hésite pas à appuyer sur snooze…heu… à passer outre ses recommandations sans non plus les ignorer totalement. Je remarque en revanche que Nardole communique désormais avec Bill puisque cette dernière lui a fait part de leur aventure : il est donc bien possible que nous ayons un début d’évolution dans l’interaction entre ce mystérieux personnage et les occupants du TARDIS.

 

Qui est donc dans le vault ? Je mets la proposition suivante entre balises mais c’est bien sûr de la spéculation, cela dit appuyée par une certaine révélation du trailer de la saison que certains ont pu miraculeusement rater donc je ne prends pas de risques. Dans ma propre théorie, je fais aussi référence à un audio donc prenez garde si vous êtes totalement anti spoilers !

Spoiler:

Nous savons désormais qu’il peut jouer du piano et connait des morceaux humains (je doute que La Lettre à Elise soit étudiée dans toute la galaxie), qu’il peut manger, que Nardole s’en méfie/ne l’aime pas mais que le Docteur est plus ambigu et n’hésite pas à faire ce qu’il peut pour rendre sa détention plus agréable. Evidemment, tout cela semble clairement faire penser au Master, que ce soit Missy ou Simm, d’autant plus que le Docteur pense l’intéresser en lui racontant une histoire où des jeunes se font dévorer. On se souvient tous du « léger » problème de boulimie du Master Simm-Squelettor dans The end of time et le fait que, comme je l’ai montré précédemment, cette saison semble fortement insister sur le thème des aliens qui dévorent semble également renforcer cette idée.

Personnellement, j’espère encore que c'est une fausse piste : elle après tout un peu trop évidente mais bon, Moffat n’hésite parfois pas à faire de l’évident la bonne réponse comme le montre la révélation sans surprises du Missy=Master en saison 8. Je persiste à parier sur une incarnation du Docteur et je développe donc ma théorie foireuse numéro…ouh là, j’ai perdu le compte… enfin bref ! Je parie sur… le Valeyard.

Sérieusement, ça se tient. Pour ceux qui n’ont pas vu les épisodes du 6eme Docteur, le Valeyard est censé être une incarnation alternative du Docteur regroupant tout son côté obscur : or, on vient de nous rappeler l’existence dudit côté obscur dans l’épisode précédent. Il est censé naître entre sa 12eme et 13ème incarnation, or nous en sommes à la 12eme et demi (sérieusement, le war Docteur n’a pas facilité la comptabilité dans la série^^). Plus troublant encore, l’épisode audio Trial of the Valeyard nous apprend que le Valeyard serait né suite aux expérimentations du 13eme Docteur pour briser la limite du cycle de 13 vies des time lords ; or Twelve est justement une incarnation qui a brisé cette limite puisqu’il est le premier d’un nouveau set de régénérations même si ce sont les time lords eux-mêmes qui lui ont offert ce set. Bien sûr, les audio ne sont qu’à moitié canon mais je trouve que cela fait pas mal de coïncidences.

Bien sûr, cela n’explique pas pourquoi le Docteur, qui a une tendance non négligeable à se haïr, serait aussi sympathique avec son incarnation la plus diabolique ; Cela dit, s’il est plus ou moins responsable de sa création, il pourrait parfaitement se sentir assez coupable pour tenter d’améliorer au maximum ses conditions de détention. Cela expliquerait en tout cas pourquoi Nardole est tellement méfiant non seulement vis-à-vis du prisonnier mais vis-à-vis du Docteur lui-même. Cela expliquerait également pourquoi Nardole et Twelve semblent penser qu’il est crucial de garder ce coffre avec beaucoup de précautions : déjà que le « light » Doctor est sacrément dangereux, sa version dark serait catastrophique. Je n’imagine même pas ce que cela donnerait s’il faisait alliance avec le Master d’ailleurs. Cela expliquerait enfin que le prisonnier sache jouer la Lettre à Elise : le Docteur est un musicien dans deux de ses incarnations (dont celle-ci bien sûr) et connait bien la musique classique humaine.

 

1004 landlordSoyons honnêtes, je ne crois pas vraiment à cette théorie ; je reste surtout sur l’idée du 13eme Docteur qui pour une raison inconnue est « né » avant la mort de son prédécesseur et doit rester enfermé tant que Twelve est vivant pour éviter les bugs temporels. N’empêche, j’ai déjà émis des théories bien plus illogiques que celle-là donc je la garde dans un coin de ma mémoire pour crier haut et fort que j’avais tout deviné si par miracle j’ai enfin raison.^^


Pour conclure, cet épisode n’a tout simplement pas fonctionné pour moi. Je n’ai pas passé un mauvais moment, on est bien loin d’une catastrophe à la Curse of the Black spot et certains éléments ne manquent pas d’intérêt mais je trouve le tout plutôt moyen. Tant pis, il en faut pour tous les goûts et je suis contente de constater que cette saison tente en tout cas de mélanger les genres au maximum : il est donc assez normal que tout ne fonctionne pas pour tout le monde tout le temps. Le trailer du prochain épisode me semble en tout cas très prometteur, j’aurai donc sans doute ma dose de whogasme samedi prochain.

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