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Interview de Rene Balcer au TV Fest 2013

Balcer reneCette année encore, nous avons eu la chance d'être invités à participer au Festival de la Télévision de Monte Carlo début juin pour interviewer et photographier ceux qui font la télévision et les séries.

 

On continue la découverte de nos interviews monégasques avec la table ronde du très prolifique Rene Balcer, producteur, scénariste et réalisateur connu essentiellement pour son travail dans la franchise des Law & Order sur New York police judiciaire et la création de sa petite sœur New York section criminelle.

Il était invité surtout pour nous parler de son dernier bébé, Jo, qui n'a malheureusement pas eu le succès qu'il espérait. Il nous a évoqué les raisons de cet échec, son travail sur Law & Order et les différents projets sur lesquels il travaille avec beaucoup de passion.

 

Comme d'habitude, les questions viennent donc en partie de notre équipe et en partie des autres journalistes présents lors de la table ronde.

 

Question : Commençons par une chose que vous avez évoqué ce matin (ndlr : il participait à une conférence sur les productions internationales et européennes), vous avez beaucoup parlé de Jo et du fait que bien que ce soit une production internationale chaque chaîne peut en faire ce qu'elle veut...
Rene Balcer : J'ai dit qu'il fallait voir avec Atlantique (ndlr : la société de production) car ce sont eux qui ont signé ces contrats. Moi tout ce que je fais c'est leur livrer une série, la version en langue anglaise câblée pour le marché américain et international, et je n'ai rien à voir avec ce qui se passe après ça.

 

Q : Donc vous n'avez aucun pouvoir de contrôle sur ce que pourraient faire les chaînes dans les autres pays ?
R.B. : Ce serait physiquement impossible pour moi. J'imagine qu'il y a des limites à ce qu'ils peuvent changer, mais elles ont toutes... juste un exemple simple, la différence entre le marché français et le marché américain en terme de violence, ils ont leurs standards, l'Amérique a les siens et d'autres pays ont les leurs. Idem pour les questions religieuses, sexuelles, nous ne sommes pas homogènes. Donc lorsque la série est vendue... par exemple pour une chaîne payante comme FOX international, ils diffusent la même chose car ils choisissent le produit, mais tout ce qui va sur les chaînes publiques que tout le monde peut regarder ils doivent laisser ça à la discrétion des chaînes locales.

 

Q : Est-ce que TF1 a réédité les épisodes de Jo pour les adapter ?
R.B. : Oui. Ils ont fait ce qu'ils avaient besoin de faire pour leur marché.

 

Q : Comment est venue l'idée de New York section criminelle et comment l'avez-vous développée ? Aviez-vous la liberté de faire ce que vous vouliez ou puisqu'elle s'inscrit dans une franchise importante aviez-vous des limites et des règles à suivre ?
R.B. : Avec Law & Order le succès vous achète la liberté donc après les premières années, nous avons arrêté de recevoir des notes de la chaîne, du studio. Une fois que vous avez quelque chose qui a du succès, personne ne veut changer quoi que ce soit, on ne veut pas toucher à quelque chose qui marche. Donc pour Section criminelle on a eu une commande de 13 épisodes immédiatement, ce qui est assez libérateur et j'ai toujours voulu faire une série où on pourrait aller de l'autre côté de la table et voir ce que pensent les méchants. Je voulais faire une série basée sur un ami à moi qui est un psychologue criminel célèbre aux Etats-Unis. J'ai toujours aimé la façon dont il approchait l'investigation et la façon dont il s'intéressait aux gens et le fait que les personnes ont pour lui une sorte de dysfonctionnement. Donc il a servi d'inspiration pour le personnage de Vincent D'Onofrio (Inspecteur Robert Goren). C'est comme ça que c'est venu. A ce moment là, la chaîne ne nous disait pas vraiment ce qu'elle voulait, on était déjà à l'écran depuis dix ans donc ils savaient que nous savions ce que nous faisions.

 

Q : Pour en revenir à Jo, quel serait le futur possible de la série ?
R.B. : Je ne sais pas, il faut demander ça à Atlantique. L'un des avantages et aussi désavantages, mais là c'est plutôt un avantage, des grosses coproductions, c'est qu'il y a beaucoup de partenaires, de partenaires financiers, de partenaires potentiels. Et vu que la série s'en sort bien internationalement, si un partenaire s'en va il est possible d'en trouver un autre mais vous devrez demander à Atlantique.

 

Q : Aux Etats-Unis sur quelle chaîne Jo sera diffusée ?
R.B. : On est en train de régler la question, c'est l'une des principales.

 

Q : Comment votre passé de journaliste influence t-il votre approche de l'écriture dramatique ?
R.B. : Je pense qu'en tant que journaliste, comme vous le savez, vous développez un nez pour ce qui fait une bonne histoire et ce qui est important dans une histoire donc une partie de cet entrainement m'a aidé à raconter des histoires. Et j'ai toujours été attiré par des films qui ont une sorte d'approche 'cinéma vérité' des faits, du cinéma direct. Donc c'est une des raisons qui ont fait que j'ai été très attiré par New York police judiciaire dès le début. Mais la littérature a surement une plus grande influence sur moi, les nouvelles de Dostoïevski ou même Sherlock Holmes, regarder des gens qui ne fonctionnent pas comme tout le monde, le côté obscur de la société. J'ai toujours été attiré par les outsiders comme tout le monde en Amérique.

 

Q : Sur quel projets travaillez-vous en ce moment ?
R.B. : Je fais un pilote pour USA Network sur internet, tous vos pires cauchemars sur internet et des compagnies comme Google...
Q : C'est un thriller ?
R.B. : C'est ... oui, c'est un peu X-Files qui rencontre Matrix. C'est basé sur une chose que Ray Bradbury (ndlr: écrivain américain) a dit. Il a dit qu'il pensait qu'internet était un grand complot créé par les compagnies d'informatique et je pense qu'il n'a qu'à moitié raison.
Q : Quel en est le titre ?
R.B. : Darknet. Je vais vous montrer le logo (il cherche dans son téléphone)
Q : Où est-ce que vous en êtes ?
R.B. : Pour le moment j'écris le pilote. (Toujours dans son téléphone) Je voulais vous montrer le titre mais bien sûr je n'arrive pas à le trouver. C'est quelque part là-dedans (rires). Donc je travaille là-dessus, je fais un pilote pour Atlantique, un projet historique mais j'ai juré le secret donc je ne peux pas vraiment vous dire de quoi il s'agit...
Q : Donc vous n'êtes pas en train de travailler sur Versailles ?
R.B. : Versailles ? Non.
Q : Parce qu'ils ont tellement fait de mystères autour que ça pourrait être ça.
R.B. : Non non non. Ce n'est pas Versailles. Et j'écris une minisérie pour la société de George Clooney sur Los Angeles dans les années 60. Ce sont trois des choses que je suis en train de faire.

 

Q : Serait-il possible de voir une nouvelle série venir agrandir la franchise des Law & Order ? Dans un autre pays ou un autre département de la police?
R.B. : Il faudrait que vous demandiez à Dick (Wolf). Mais j'ai toujours voulu vendre Section criminelle en Asie en tant que format. Hong Kong serait une bonne base pour ça. On l'a presque vendue au Moyen Orient avec Le Caire comme centre mais je ne sais pas c'est un peu...
Q : C'est pour des adaptations locales uniquement ?
R.B. : Oui mais comme je l'ai dit New York police judiciaire n'a jamais été officiellement annulée donc ils peuvent toujours la faire revenir. Il faut demander à Dick.

 

Q : Quelle est votre méthode de travail en tant que showrunner ? Est-ce que vous déléguez beaucoup ? Vous faites tout vous-même ?
R.B. : Je supervise toute l'écriture, j'écris des scripts moi-même mais je travaille sur les histoires avec les auteurs, et puis je réécris (rires). En tant que showrunner, vous voulez que la série ait une continuité et donc il n'y a qu'un auteur dont je n'ai presque pas retouché le travail, Ed Zuckerman. Pour les autres, je réécris de différentes façons des petits morceaux parce que particulièrement pour Section criminelle, le personnage était un peu ma voix. Et c'est assez normal pour un showrunner de faire comme ça. Pour la partie production, je garde un œil dessus mais j'engage quelqu'un, un partenaire de production avec qui je travaille étroitement et en qui j'ai confiance. Pour le casting, c'est moitié moitié. Pour l'édition et le montage, je suis impliqué. Donc le début et la fin (rires). Le milieu je regarde juste...

 

Q : Que pensez vous de la compétition de Netflix pour les chaînes de télévision ?
R.B. : Compétition... Je ne suis pas en compétition avec eux...
Q : Mais sur la façon dont ça a changé les choses...
R.B. : Oui je pense que c'est inévitable, c'est sain. Je pense que ça rend la recherche d'argent pour la production plus compliquée mais ça apporte de l'argent aussi. Je ne sais pas si Netflix va durer, ils ont explosé mais les gens comme ça, comme Amazon, Microsoft, ils vont devenir des acteurs plus importants. Je pense que c'est bien, ça apporte plus de contenu, je pense que les possibilités pour raconter des histoires de styles différents est plus intéressant. Je crois qu'Amazon choisit ce qui va être développé après un vote populaire ce qui est assez étrange parce que j'imagine qu'ils se disent que les gens ont voté pour la série avant et que c'est mieux qu'après mais les gens changent d'avis. Ils peuvent voter pour une chose et après l'avoir vu se dire « non on n'aime pas ça » et arrêter de la regarder. Donc je ne sais pas si ce modèle de production par vote populaire va marcher mais je pense que c'est bien, je pense que les habitudes de visionnage vont encore changer, d'ici cinq ans il sera très très difficile d'avoir un public pour regarder une série à la même heure chaque semaine pendant 22 semaines. Je pense que ça va être presque impossible. Et je pense que pour les générations plus jeunes ce n'est pas ce vers quoi ils évoluent quand il s'agit de s'engager avec les médias. Ils attendent des choses plus courtes plus rapides, des expériences plus simples.

 

Q : Y a-t-il des séries que vous regardez en ce moment ?
R.B. : Vous savez c'est dur parce que je n'ai pas beaucoup de temps et je voyage beaucoup. Et je travaille beaucoup (rires). Je peux parler de séries du passé que j'ai beaucoup aimées. J'ai adoré la première saison de Dexter, celle d'NYPD Blue, Les Sopranos, et surtout l'épisode où ils parlent de moi, Breaking Bad dont j'ai aimé les quelques épisodes que j'ai vus.

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