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Interview de Patrick Duffy au TV Fest 2015

Patrick DuffyCette année encore nous avons eu la chance d'être invités à participer au Festival de la Télévision de Monte Carlo mi-juin pour interviewer et photographier ceux qui font la télévision et les séries.

 

En plus de son apparition lors de la conférence de presse des icônes de la télévision, et de son rôle de Président du Jury Séries Télé, le très sympathique et hilarant Patrick Duffy nous a fait le plaisir de se prêter au jeu des tables rondes. L'inoubliable interprète de Bobby Ewing dans Dallas, dont nous fêtions les 35 ans de l'arrivée sur TF1 ce week-end, mais aussi de Frank dans Notre belle famille, ou encore de L'homme de l'Atlantide a partagé en toute simplicité sa vision de sa carrière et ses plus beaux souvenirs ainsi que ses derniers projets.

 

Comme d'habitude, les questions viennent donc en partie de notre équipe et en partie des autres journalistes présents lors de la table ronde.

 

Question : Comment envisagez-vous votre rôle de Président du Jury?
Patrick Duffy : C'est un concept très intéressant pour moi parce que je ne me suis jamais retrouvé en position de pouvoir juger le travail de quelqu'un réellement. On juge tout ce qu'on voit à la télévision, on se dit "j'aime ça, je n'aime pas ça". J'ai dû regarder chacune des séries deux fois parce que la première fois, je regardais comme un fan (rires). Et à la fin je me disais "c'était cool. Mais qu'est-ce que je viens de regarder ?". J'ai dû revenir en arrière et regarder de nouveau, et j'ai essayé de le faire avec ma casquette d'acteur ou de réalisateur ou de producteur et de qualifier mon plaisir. J'ai fait ça pour tous les épisodes, cinq drames, cinq comédies et je me suis fait mon opinion donc je me suis dit que j'avais eu raison. On s'est ensuite assis en tant que jury tous ensemble et on a commencé à discuter. C'était très intéressant de voir différentes opinions et de changer un peu la mienne en me basant sur les idées des autres. C'est ce que nous avons tous fait et c'était une expérience très enrichissante et pleine d'enseignements. Ce n'est pas juste dire "tu gagnes, tu perds, tu gagnes, tu perds" mais pourquoi, et ce que ça veut dire pour moi et la façon dont je regarde la télévision et les performances. Ça m'a changé, ça n'a pas changé ma vie (rires), ce n'est pas si profond mais ça a vraiment changé ma perception en tant que professionnel. Quand ils m'ont demandé, au début, je me suis dit que c'était un truc sympa à faire et puis c'est devenu vraiment important, je l'ai pris très au sérieux, nous l'avons tous fait.

 

Q : Notre belle famille était votre premier rôle comique, comment s'est fait la transition pour vous du drame à la comédie?
P.D. : C'était très facile. La raison pour laquelle j'ai fait Notre belle famille, c'est que le producteur de Dallas, Leonard Katzman avait travaillé pendant des années avec la société de production de Notre belle famille de Robert L. Boyett et Thomas L. Miller. Il est allé les voir quand j'ai quitté la série après sept ans pour dire "un de nos acteurs quitte la série et vous devriez faire une comédie avec lui" parce que Larry (ndlr: Hagman - J.R. Ewing) et moi n'étions jamais sérieux sur le plateau, sauf quand la caméra tournait. Leonard a pensé que j'étais un acteur comique par nature donc j'ai rencontré Miller et Boyett et ils ont commencé à la développer puis je suis retourné dans Dallas et à la minute où elle a été annulée, ils m'ont appelé pour venir faire Notre belle famille. Et j'avais l'impression d'être à la maison. Mais j'ai aussi pu travailler avec un personne brillante, Susan (NDLR: Somers - Carol Foster Lambert). Les premiers épisodes à chaque fois que je faisais quelque chose, je la regardais et elle me faisait un petit signe positif ou négatif. Ça a été ma transition mais ça a été très facile.

 

Q : Quel est votre meilleur souvenir de l'époque où vous étiez dans Dallas la première fois?
P.D. : Mon meilleur souvenir de cette période est d'avoir été avec Larry Hagman. Pas sur le plateau mais en tant qu'ami, nous avons été meilleurs amis pendant 35 ans. Chaque matin quand j'arrivais au studio à 6h30 ou 7h j'allais directement dans sa loge, on ouvrait une bouteille de champagne et on prenait chacun un verre. C'est comme ça qu'on commençait chaque journée de travail (rires). Je m'arrêtais, il continuait pour le reste de la journée (rires). Mais c'était ce que je préférais, chaque jour je débarquais dans sa loge et je buvais un verre de champagne pour commencer la journée. On a fait ça chaque jour pendant 30 ans, on a recommencé dans la nouvelle série Dallas. C'est mon souvenir préféré. Ça me fait encore sourire en y repensant.

 

Q : Vous êtes devenu le patriarche dans la nouvelle version de Dallas comment est-ce arrivé?
P.D. : Je suis devenu la mère et le père. Dans la série originale, Jim Davis (NDLR: Jock Ewing) et Barbara Bel Geddes (NDLR: Ellie Ewing) étaient là tout le temps et ils étaient la base de la série. En revenant pour le nouveau Dallas, ils n'étaient plus en vie donc je suis devenu le chef de famille et c'était naturel parce que Bobby a toujours fait passer le ranch et la famille avant tout. J.R. essayait de faire de l'argent alors que Bobby essayait de préserver le caractère sacré de la famille et de l'héritage du ranch. Donc dans le nouveau Dallas c'était mon boulot et c'était très intéressant parce que j'ai pu être à la fois le père et la mère. Bobby a dû se montrer fort mais aussi se montrer plein de compassion et montrer son côté féminin autant que son côté masculin. Ça a été brillamment écrit par notre productrice Cynthia Cidre. Et c'était vraiment amusant de revenir jouer ce personnage à 60 ans. En fait, j'étais plus vieux mais elle m'a donné 60 ans (rires). Les acteurs n'ont pas souvent l'opportunité de faire quelque chose comme ça. Un acteur peu jouer Hamlet quand il a 20 ans, c'est l'âge parfait et à 30 ans se dire "je vais rejouer Hamlet" mais à 50 les gens vont dire "non non tu ne vas plus jouer Hamlet". Mais j'ai pu encore être Bobby parce que Bobby a vieilli. Le premier épisode de la nouvelle série montrait son soixantième anniversaire. Ce n'est plus l'ancien Bobby, c'est ce qu'elle a voulu dire avec cette première scène, c'est lui à 60 ans. C'était super.

 

Q : Quand ils vous ont proposé la nouvelle série Dallas avez-vous immédiatement dit oui ?
P.D. : Non. Notre réaction pendant 20 ans a été "non". On lisait de nouveaux scripts, en 20 ans beaucoup de gens ont pensé "nous devrions refaire Dallas", donc on lisait un script et on se disait "c'est horrible! Personne ne comprend". Donc quand TNT nous a contacté pour nous dire "on voudrait ressusciter Dallas" Larry, Linda et moi avons dit non. Mais ils ont envoyé le script en nous disant de le lire quand même. J'étais dans L'Oregon, Larry à Malibu et Linda dans son ranch en Californie et à la minute où j'ai tourné la dernière page je les ai appelé pour leur dire "c'est le meilleur script du monde! C'est comme notre Dallas !". Et je leur ai dit "si vous le faîtes, je vous suis". Ça a été notre règle pendant 20 ans, si nous n'étions pas tous d'accord personne ne le faisait. C'est dire l'amitié profonde entre Larry, Linda et moi. Larry n'a pas freiné la chose mais il aimait être courtisé un peu (rires). Linda et moi avons tout de suite dit "c'est génial" et Larry était plus réservé. On lui disait "Larry c'est génial, admets le !" et il répondait "oui, je ne sais pas" (rires). C'est le script qui a joué, il était brillant.

 

Q : Pour revenir sur votre premier grand rôle, L'homme de l'Atlantide, quel est votre sentiment sur cette expérience et en quoi vous a-t-elle conditionné en tant qu'acteur ?
P.D. : C'était mon premier travail, j'avais déjà eu de petits rôles mais qui n'avaient même pas de nom, j'étais l'inspecteur numéro 1 ou quelque chose comme ça. Que votre premier rôle soit le personnage principal de votre série télé et un super héros c'était magique, c'est le rêve de tout acteur. Ce que ça m'a appris c'est que j'ai réalisé par mes actions en tant qu'acteur que j'étais plus un membre de l'équipe que la star de la série. C'est comme ça que j'appréhende chaque boulot. Je n'en avais pas conscience à l'époque mais parce que de formation je suis charpentier, c'est comme ça que je gagnais ma vie, quand j'étais sur le plateau avec les mecs, il n'y avait pas beaucoup de femmes à l'époque, surtout des hommes, je les regardais travailler et c'est là que je devais être, je faisais partie de l'équipe. Ça a déterminé ma façon de travailler. Ce qui est drôle c'est que juste à côté de la où on tournait, Leonard Katzman produisait une série de science fiction, Logan's run. Nos deux séries ont été annulées au même moment et Leonard venait juste d'être engagé pour produire une nouvelle série, Dallas, et il était en charge du casting. Il est venu voir l'équipe et a commencé à leur parler de ce nouveau gamin Patrick Duffy. Et l'équipe m'a recommandé, ils lui ont dit "il fait partie de l'équipe, il est toujours là tôt et ne se plaint jamais". Donc Leonard en se basant là-dessus m'a demandé de venir faire Dallas. Il a fait commencer ma carrière avec l'équipe de L'homme de l'Atlantide. Aujourd'hui encore, je me considère comme un membre de l'équipe. C'est là que je me sens à l'aise, sur le plateau avec l'équipe, à essayer de rendre leur travail plus simple tout en faisant le meilleur travail possible de mon côté. Je suis à l'aise à l'idée de changer des choses en tant qu'acteur mais dans certaines limites, si ça rend les choses plus faciles pour l'équipe, les caméramans, les éclairagistes, tout le monde "on peut le faire en se mettant là ? Pas de soucis je me mets là". Je pense que ça a établi mon éthique de travail en tant que personnalité de la télévision.

 

Q : Greg Poehler est ici au festival, comment vous êtes vous retrouvé dans Welcome to Sweden?
P.D. : Vous connaissez sa sœur Amy ? Ce qui s'est passé avant que j'arrive, c'est qu'ils savaient qu'ils voulaient un père et qu'ils allaient tourner en Suède et que ça devait avoir du succès là-bas avant de venir en Amérique. Amy et Greg se sont donc demandés "qui est très connu en Suède ?", et Dallas était un énorme succès donc me voilà ! Mon agent a reçu un message d'Amy Poehler et il m'a dit "Amy Poehler a appelé pour..." et j'ai dit oui (rires). "Oui. Dites lui oui bien sûr, c'est Amy Poehler idiot !". Elle a quand même voulu que l'on se rencontre pour me dire de quoi parlait la série, elle ne voulait pas d'un simple oui. Donc je suis allé à New York et elle est entrée dans l’hôtel, on s'est assis pour boire un verre et elle m'a dit "Patrick, l'idée c'est..." et j'ai dit "oui! Est-ce qu'on peut boire un verre et être amis maintenant. Oui je ferais tout ce que tu veux". Et c'est comme ça que c'est arrivé, j'aurais fait n'importe quoi. C'est différent et je pense que ça a eu un succès immédiat en Suède et en Europe, et c'est un succès grandissant aux États-Unis. Ce n'était pas une chose sûre car c'est très différent, c'est un peu comme Seinfeld. C'est plus une série que l'on commence à regarder pour voir ce que c'est que ce truc. C'était tellement amusant à faire, et Greg est fantastique.

 

Q : Qu'est-ce que vous aimez tellement chez Amy Poehler ?
P.D. : Qu'est-ce qu'on peut ne pas aimer ? Amy Poehler et Tina Fey, j'aimerais être l'air entre elles (rires). Juste devenir de l'air et être entre les deux pour le reste de ma vie. A chaque fois qu'elles respirent, être là. Ce sont les comédiennes les plus brillantes sans être folles, elles sont si intelligemment drôles. Et de voir qu'elles ne sont pas juste drôles mais qu'elles ont cette créativité et cette intelligence que la plupart des gens n'ont pas. Je les trouve intelligemment drôles et brillantes et belles, en tant que personnes mais aussi personnages quand vous les voyez. Je veux être l'air juste là. Les toucher en tant qu'air.

 

Q : Vous avez réalisé plusieurs épisodes de Dallas, est-ce plus difficile de diriger vos partenaires ? Est-ce que cela vous a mis une pression supplémentaire ?
P.D. : J'ai réalisé 30 épisodes de Dallas et 50 de Notre belle famille. Et la réponse est oui et non. Ça peut être difficile pour certains de diriger ses partenaires et pour les acteurs d’être dirigés par l'un d'entre eux. Mais ça dépend de la façon dont vous réalisez, j'ai tendance à réaliser en essayant de voir comment je peux rendre encore meilleur ce qu'ils font déjà. Certaines personnes essayent de vous rendre meilleur dans quelque chose que vous ne faîtes pas et quand vous êtes là depuis longtemps dans un personnage, vous êtes ce que vous êtes, vous avez juste parfois besoin d'un peu d'aide pour être qui vous êtes. Et en tant qu'acteur, c'est là que vous vous sentez à l'aise. J'ai eu beaucoup de chance d'aimer l'équipe en tant qu'amis, chaque personne sur Dallas, Notre Belle famille et Dallas encore, je les ai vraiment aimés et ai vraiment voulu qu'ils soient brillants. Souvent aux dépens de ma propre performance ou position en tant que réalisateur, j'ai tellement de plaisir à voir ne serait-ce que de petites choses être améliorées, c'est à ça que sert un réalisateur, c'est là qu'est votre récompense en tant que réalisateur. Ce n'est pas de dire "regardez ce que j'ai créé", mais "regardez ce qu'ils ont fait !". C'est la joie d'être réalisateur, et je pense que la distribution, mes amis, ont senti ça, et ils se sont donnés à fond. Ils me demandaient ce que je voulais et je les laissais faire disant "on va juste aller un peu comme ça, changer un peu ici". Et je pense que c'est pour ça qu'on m'a demandé d'y revenir de nombreuses fois. Je suis le seul acteur qui a fait 30 épisodes de Dallas, et j'ai pu être réalisateur de 50 épisodes de Notre belle famille parce que j'arrivais à faire ça. J'adore le faire et nous sommes toujours amis après tout ça (rires). J'imagine que ça a bien marché.

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